Ils persévéraient dans
l’enseignement des apôtres, dans la communion
fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.
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CHAPITRE 4
LE PASTEUR : VOLEUR DE
FONCTIONNEMENT DE CHAQUE MEMBRE
C'est une tendance
universelle dans la religion chrétienne, comme dans beaucoup d'autres
religions, de donner une interprétation théologique aux institutions qui se
sont développées graduellement sur une période au nom de la practique, et
d’intégrer cette interprétation dans les périodes primitives et d'enfance de
ces institutions, les rattachant à un âge où en fait personne n'aurait imaginé
qu'ils auraient eu une telle signification.
- Richard Hanson
Le pasteur
Il est la figure fondamentale de la foi protestante.
Il est le chef, le cuisinier, et le lave-vaisselle du christianisme moderne. Le
pasteur domine à ce point dans les esprits de la plupart des chrétiens qu'il
est plus reconnu, plus fortement admiré, et plus fortement approuvé que
Jésus-Christ lui-même !
Retirez le pasteur et le christianisme moderne
s’effondre. Retirez le pasteur et pratiquement chaque Église protestante est
jetée dans la panique. Enlevez le pasteur et le protestantisme comme nous le connaissons
meurt. Le pasteur est le point focal, le fondement principal, et la pièce
maîtresse de l'Église moderne. Il est l'incarnation du christianisme
protestant.
Mais voici l'ironie profonde. Il n'y a pas un
seul verset dans tout le NT qui supporte l'existence du pasteur moderne ! Il
n’existe simplement pas dans l'Église primitive.
(Notez que j'emploie le terme
« pasteur » dans tout ce chapitre
pour dépeindre le titre et le rôle du pasteur moderne. Je ne parle pas des individus spécifiques qui remplissent ce rôle. Généralement, ceux
qui servent sous le titre de pasteur sont des personnes merveilleuses. Ils sont
des chrétiens honorables, décents, et souvent doués qui aiment Dieu et ont une
ardeur pour servir son peuple. Mais c'est le rôle qu'ils accomplissent que Les Écritures et l’histoire de
l'Église contredisent, c’est ce que ce chapitre montrera.) [1][1]
Le
pasteur est dans la Bible… vraie ?
Le Terme « pasteur » apparaît dans
le NT : [2][2]
Et il a donné
les uns comme apôtres, et les autres comme prophètes, et comme évangélistes, et
comme PASTEURS et docteurs (Éphésiens 4:11,).
Les observations suivantes doivent être faites au
sujet de ce texte.
C Ici est le seul verset du NT où le terme « pasteur » est
employé [3][3].Un
seul verset est une preuve maigre sur laquelle on puisse fonder la foi
protestante au complet! À cet égard, il y a plus de support biblique pour la
manipulation de serpents qu'il y en a pour le pasteur moderne. (Marc 16:18 et
Actes 28:3 - 6 mentionnent tous les deux la manipulation des serpents. Ainsi la
manipulation de serpents l’emporte à
deux versets contre un.) [4][4]
C Le terme
est employé dans le pluriel. C'est
« pasteurs. » Ce qui est significatif. Quels que puissent être ces
« pasteurs », ils sont pluriels dans l'Église, non singuliers. En
conséquence, il n'y a aucun support biblique pour la pratique de Sola Pastora (pasteur unique).
C « Pasteur »
traduit le terme grec poimen. Il
signifie berger. (« le pasteur » est le terme latin pour le berger.)
« Le pasteur, » donc est une métaphore pour décrire une fonction
particulière dans l'Église. Ce n'est pas un office ou un titre. [5][5]
Un berger du premier siècle n'avait rien à voir avec le sens spécialisé et
professionnel qu'il a revêtu dans le christianisme moderne. Par conséquent,
Éphésiens 4:11 ne dépeint pas un titre pastoral, mais uniquement un rôle de
plusieurs fonctions dans l'Église. Les bergers sont ceux qui fournissent
naturellement la nourriture et les soins aux brebis de Dieu. C'est une erreur
profonde, donc, de confondre des bergers avec un office ou un titre comme c’est
généralement le cas aujourd'hui. [6][6]
C Tout au mieux, ce texte est oblique. Il n'offre absolument aucune
définition ou description de ce que sont les pasteurs. Il les mentionne
uniquement. Regrettablement, nous avons rempli ce terme de notre propre concept
occidental de pasteur. Nous avons intégré le concept moderne du pasteur dans le
NT. Jamais dans l'imagination d'un homme ayant des hallucinations ne verrait un
chrétien du premier siècle imaginer l’office pastoral moderne ! Les catholiques
ont fait la même erreur avec le terme « prêtre. » Vous trouvez le
terme « prêtre » employé trois fois dans le NT pour se rapporter à un
croyant [7][7].
Pourtant un prêtre dans l’Église primitive n’avait rien de l'homme qui
s'habille en noir et qui porte un collet renversé !
Richard Hanson fait le point quand il dit, « Pour nous les mots évêques, prêtres,
et diacres sont stockés avec les associations de presque deux mille ans. Pour
les gens qui les ont employés la première fois, les titres de ces fonctions
peuvent avoir signifié un peu plus que des inspecteurs, des hommes plus âgés et
des aides… c’est quand la signification théologique peu convenable a commencé à
leur être attachée que la déformation du concept du ministère chrétien a
commencé. » [8][8]
Dans
mes livres Rethinking the Wineskin et
Who is Your Covering?, Je prouve que les
bergers du premier siècle étaient les anciens locaux (presbytres)[9][9] et des surveillants de
l'Église [10][10]. Et leur fonction était
complètement en désaccord avec le rôle pastoral moderne.[11][11]
D'où est-il venu ?
Si le
pasteur moderne était absent de l'Église primitive, d'où est-il venu? Et
comment s'est-il élevé à une position aussi importante dans la foi chrétienne ?
C'est un conte douloureux, dont les racines sont embrouillées et complexes. Ses
racines remontent à la chute de l'homme.
Avec
la chute est venu un désir implicite chez l'homme d'avoir un chef physique par
lequel il puisse s’approcher de Dieu. Pour cette raison, les sociétés humaines
à travers l'histoire ont constamment créé une caste spirituelle spéciale
d’icônes religieuses. Le chaman, les shamans, le rhapsodist, le faiseur de miracle,
le sorcier, le devin, le sage-homme, et le prêtre ont tous étés avec nous
depuis la bourbe d'Adam. [12][12]
L'homme déchu a toujours eu le désir d'ériger
une caste sacerdotale particulière qui soit spécialement douée pour solliciter
les dieux en son nom.Cette quête est dans notre sang. Elle vit dans la moelle
de nos os. En tant que créatures déchues, nous cherchons une personne qui soit
dotée de pouvoirs spirituelles particuliers. Et cette personne se démarque
toujours par une formation spéciale, une tenue particulière, un vocabulaire
spécifique, et un mode de vie exceptionnel. [13][13]
Nous
pouvons voir cet instinct sortir sa tête hideuse dans l'histoire de l'Israël
antique.[14][14] Il a fait son
apparition pendant la période de Moïse. Deux serviteurs du Seigneur, Eldad et
Medad, reçurent l'esprit de Dieu et commencèrent à prophétiser. Dans sa
réaction précipitée, un jeune fanatique pressa Moïse «de les en empêcher
! »[15][15] Moïse réprimanda le
jeune réprobateur en affirmant que tout le peuple de Dieu peut prophétiser.
Moïse se plaça contre un esprit de cléricalisme qui essayait de contrôler le
peuple de Dieu.
Nous
le revoyons quand Moïse est monté sur Horeb. Le peuple voulait que Moïse fût un
médiateur physique entre eux et Dieu. Pour eux, ils craignaient une relation
personnelle avec le Tout-Puissant. [16][16]
Cet
instinct déchu se manifesta de nouveau pendant la période de Samuel. Dieu
voulait que son peuple vécût directement sous son Autorité. Mais Israël
réclamait un roi humain à la place. [17][17]
Les
graines du pasteur moderne peuvent même être détectées dans l'ère du NT.
Diotrephes, qui « aimait la prééminence » dans l'Église, a d’une
manière illégitime pris la commande de ses affaires. [18][18] En outre, quelques
érudits ont proposé que la doctrine des Nicolaitains que Jésus condamne dans la
révélation 2:6 soit une référence à l'élévation d'un clergé primitif. [19][19]
Avec
la recherche de l'homme déchue pour un médiateur spirituel humain vient sa
hantise pour la forme de direction hiérarchique. Toutes les cultures antiques
étaient hiérarchiques dans leurs structures sociales à un degré ou un autre.
Malheureusement, les chrétiens postapostoliques ont adopté et adapté ces
structures dans leur vie d'Église comme nous le verrons.
La
naissance de la Règle de l'Évêque Unique
Jusqu'au deuxième siècle, l'Église n'avait
aucune direction officielle. À cet égard, les Églises du premier siècle étaient
d’une singularité en effet, des groupes religieux sans prêtre, temple, ou
sacrifice. [20][20] Les chrétiens eux-mêmes
dirigeaient l'Église sous l’Autorité directe du Christ.
Parmi
le troupeau étaient les anciens (des bergers ou des surveillants). Ces hommes
se tenaient sur un pied d’égalité. Il n'y avait aucune hiérarchie parmi eux. [21][21] En outre étaient
présents des ouvriers locaux supplémentaires qui plantaient des Églises.
Ceux-ci étaient appelés « envoyés » ou apôtres. Mais ils ne prenaient
pas résidence dans les Églises qu’ils édifiaient. Ni ne les dirigeaient. [22][22] Le vocabulaire de
direction du NT ne permet aucune structure pyramidale. C'est plutôt la
communication de relations horizontales qui inclut l'action exemplaire.[23][23]
Tout
ceci demeura vrai jusqu'à ce qu'Ignace d'Antioche (35-107) monte sur la scène.
Ignace a été le premier dans l'histoire de l'Église à prendre l'initiative de
la pente glissante vers un chef unique dans l'Église. Nous pouvons retracer à
lui l'origine de la hiérarchie moderne du pasteur et de l'Église.
Ignace
a élevé un des anciens au-dessus de tous les autres. Cet ancien élevé se fait
maintenant appeler « l'évêque. » Toutes les responsabilités qui
relevaient de l'universalité des anciens étaient exercées par l'évêque.[24][24]
En
A.D. 107, Ignace a écrit une série de lettres sur le chemin du martyr à Rome. Six sur sept de ces lettres
frappent la même corde. Elles sont remplies d'exaltations exagérées de
l'autorité et de l'importance de l’office de l'évêque. [25][25]
Selon
Ignace, l'évêque a la puissance ultime et devrait être obéi absolument. Considérez
ces extraits de ses lettres: « Tous suivent l'évêque comme Jésus-Christ
suit le Père… personne ne doit faire quoi que ce soit dans l'Église sans
l’évêque… là où l'évêque apparaît, là est le peuple …. Vous ne devez jamais
agir indépendamment de votre évêque et clergé. Vous devriez regarder à votre
évêque comme type du Père… celui qu'il approuve, cela est agréable à
Dieu… »[26][26]
D’après Ignace, l'évêque tient la place de
Dieu tandis que les prêtres tiennent lieu des douze apôtres.[27][27]Il incombait seulement à
l'évêque de célébrer le Repas du Seigneur, de diriger les baptêmes, de donner
des Conciles, de discipliner des membres de l'Église, d'approuver des mariages,
et de prêcher des sermons. [28][28]
Les
anciens s’assoyaient avec l'évêque au Repas du Seigneur. Mais c'était l'évêque
qui le présidait. Il prenait la charge de diriger les prières et le ministère
publics.[29][29] Seulement dans les cas
les plus extrêmes pouvait-on entendre un prétendu « laïque » prendre
le Repas du Seigneur sans la présence de l’évêque.[30][30] Car l'évêque, dit
Ignace, doit « présider » sur les éléments et les distribuer.
Dans
l'esprit d'Ignace, l'évêque était le remède pour dissiper la fausse doctrine et
établir l'unité de l'Église. [31][31] Ignace croyait que si
l'Église devait survivre à l'impact de l’hérésie, elle devait développer une
structure de puissance rigide modelée sur la structure politique centralisée de
Rome. [32][32]La règle de l’évêque
unique sauverait l'Église de l’hérésie et des différends internes.[33][33]
Ceci
est hitoriquement reconnu comme le « monoepiscopate » ou
« épiscopat monarchique. » C'est le type d'organisation où l'évêque
se distingue des anciens (le presbytère) et se range au-dessus d’eux.
Au
temps d'Ignace, la règle de l’évêque unique ne s'était pas propagée dans
d'autres régions.[34][34] Mais vers le milieu du
deuxième siècle, ce modèle était fermement établi dans la plupart des Églises.[35][35] Vers la fin du
troisième siècle, il prévalait partout.[36][36]
L'évêque est par la suite devenu l'administrateur
et le distributeur principal de la richesse de l'Église.[37][37] Il était l'homme
responsable d'enseigner la foi et de savoir ce que le christianisme comporte.[38][38] L’assemblée autrefois
active était maintenant devenue sourde et muette. Les saints observaient
simplement l’exécution de l'évêque.
En
effet, l'évêque est devenu le pasteur solo de l’Église [39][39], le professionnel dans
le culte commun. [40][40] Il était considéré
comme le porte parole et le chef de
l’assemblée. Celui qui tenait tous les fils. Tous ces rôles ont fait de
l'évêque le précurseur du pasteur moderne.
Du pasteur au prêtre
Vers
le milieu du troisième siècle, l'autorité de l'évêque prenait la forme de
l’office fixe[41][41].Alors Cyprien de
Carthage (200-258) est apparu, promouvant les dommages.
Cyprien était un ancien orateur et docteur de
la rhétorique païenne [42][42].Quand il est devenu
chrétien, il se mit à écrire de façon prolifique. Mais certaines des idées
païennes de Cyprien ne furent jamais abandonnées.[43][43]
En
raison de l'influence de Cyprien, la porte était ouverte pour ressusciter
l'économie de l’Ancien Testament des prêtres, des temples, des autels, et des
sacrifices. [44][44]Des évêques commencèrent
à s'appeler « prêtres, »une coutume qui est devenue commune vers le
troisième siècle [45][45]. Ils se sont également
appelés « pasteurs » occasionnellement [46][46] .Au troisième siècle,
chaque Église avait son propre évêque [47][47] .Les évêques et les
prêtres ensemble commencèrent à s'appeler « le clergé. »[48][48]
L'origine de la doctrine non biblique de la
« couverture » peut être déposée aux pieds de Cyprien également.[49][49] Cyprien enseignait que
l'évêque n'avait d’autre supérieur que Dieu. Il n’est responsable qu’envers
Dieu seul[50][50]. Quiconque se sépare de
l'évêque se sépare de Dieu. Cyprien enseignait également qu'une partie du
troupeau du Seigneur était affectée à chaque berger individuel (évêque).[51][51]
Après
le Concile de Nicée (325), les évêques commencèrent à déléguer la
responsabilité du Repas du Seigneur aux prêtres[52][52]. Les prêtres étaient un
peu plus que des députés de l'évêque, exerçant son autorité dans ses Églises.
Puisque les prêtres dirigeaient le Repas du
Seigneur, ils commencèrent à s'appeler « prêtre. »[53][53] Plus effrayant encore,
l'évêque finit par être considéré comme « le grand prêtre » qui
pouvait pardonner les péchés ![54][54] Toutes ces tendances
ont obscurci la réalité du NT qui enseigne clairement que tous les croyants sont
des prêtres pour Dieu.
Vers
le quatrième siècle, cette hiérarchie graduée dominait la foi chrétienne[55][55].La caste du clergé
était maintenant cimentée. À la tête de l'Église se tenait l'évêque. Sous lui
était le collège des prêtres. Sous eux se tenaient les diacres [56][56].Et sous cette
hiérarchie rampaient les pauvres, malheureux « laïques. » La règle de
l’évêque unique est devenue la forme de gouvernement d'Église admise dans tout
l'empire romain. (Pendant ce temps, certaines Églises commencèrent à exercer
l'autorité sur d'autres Églises, élargissant ainsi la structure hiérarchique.)[57][57]
Vers
la fin du quatrième siècle, les évêques marchaient avec les grands. Ils
recevaient des privilèges énormes. Ils devinrent impliqués dans la politique,
ce qui les séparère davantage des prêtres.[58][58] Dans ses tentatives de
renforcer l’office de l'évêque, Cyprien a plaidé en faveur d’ une succession
ininterrompue des évêques pouvant remonter jusqu’à Pierre[59][59].Cette idée est connue
en tant que « succession apostolique. »[60][60]
Dans
tous ses écrits, Cyprien utilise la langue officielle du sacerdoce de l’Ancien
Testament pour justifier cette pratique.[61][61] Comme Tertullien
(160-225) et Hippolite (170-236) avant lui, Cyprien employa le terme
« sacerdoce » pour décrire les prêtres et les évêques.[62][62] Mais il est allé une
étape plus loin.
C'est
aux pieds de Cyprien que nous pouvons déposer le concept non biblique de la
croyance au sacerdotalisme—la croyance qu’il existe une personne divinement
désignée comme médiateur entre Dieu et le peuple. Cyprien soutenait que parce
que le clergé chrétien se composait de prêtres qui offrent un sacrifice saint
(l'eucharistie) ils étaient donc eux-mêmes sacrosaints (saints)[63][63] !
Nous
pouvons également créditer Cyprien avec la notion qui dit que quand le prêtre
offre l'eucharistie, il offre réellement la mort du Christ au nom de
l’assemblée.[64][64] Dans l'esprit de
Cyprien, le Corps et le sang du Christ sont sacrifiés à nouveau par
l'eucharistie [65][65].En conséquence, c'est
en Cyprien que nous trouvons les semences de la messe catholique médiévale [66][66].Cette idée a élargi la
marge entre le clergé et les laïcs. Elle a également créé une dépendance
malsaine des laïcs sur le clergé.
Le Rôle du Prêtre
Jusqu’au
moyen-âge, les prêtres (généralement appelés maintenant les
« prêtres ») ont joué le deuxième violon de l'évêque. Cependant,
durant le moyen- âge il y eut un décalage. Les prêtres commencèrent à
représenter le sacerdoce tandis que les évêques étaient occupés par des
fonctions politiques[67][67] .Les prêtres (local) de
paroisse sont devenus plus centraux à la vie de l'Église que l'évêque.[68][68] C'était le prêtre qui
se tenait maintenant à la place de Dieu et contrôlaient les sacrements.
Pendant que le latin devenait le langage
commun au milieu du quatrième siècle, le prêtre prononcait le hoc est Corpus
meum. Ces mots latins signifient « c'est mon Corps. »
Avec
ces mots, le prêtre est devenu le superviseur des niaiseries hautaines qui
commencèrent à donner la forme à la messe catholique. Ambroise de Milan
(339-397) peut être crédité pour l'idée que la seule expression du hoc est
Corpus meum a comme par magie transformé le pain et le vin en Corps physique et
sang du Seigneur[69][69]. (l’expression magique
« abracadabra » vient du hoc est Corpus meum.) Selon Ambroise, le
prêtre a été doté de pouvoirs particuliers pour appeler Dieu à descendre du
ciel dans le pain !
En
raison de sa fonction sacramentelle, le terme « presbyteros »en est
venu à signifier « sacerdos » (prêtre). En conséquence, quand le
terme latin « presbyteros » a été repris en français, il a eu la
signification de « prêtre » plotôt que sa signification primitive de
« ancien. » Ainsi dans l'Église catholique, « le prêtre »
était le terme employé couramment pour se rapporter au presbitre local ou
ancien[70][70].
L'influence de la culture Gréco-Romaine
La
culture Greco-Romaine qui enveloppait les premiers chrétiens renforcait la
hiérarchie érigée en système qui infiltrait lentement l'Église. La culture
Greco-Romaine était hiérarchique par nature. Cette influence s'est infiltrée
dans l'Église quand les nouveaux convertis ont introduit leurs bagages
culturels dans la communauté croyante.
La
hiérarchie humaine et le ministère « officiel » ont institutionalisé
l'Église de Jésus-Christ. Vers le quatrième siècle, ces éléments ont durci les
artères de l'ekklesia de Dieu, autrefois vivante, respirante dans laquelle le
ministère était fonctionnel, inspiré de l’Esprit, organique, et partagé par tous
les croyants.[71][71]
Mais comment et pourquoi est-ce arrivé ?
Nous
pouvons le retracer à la période de la mort des ouvriers apostoliques
itinérants (planteurs d'Église). Vers la fin du premier et du début du deuxième
siècle, les anciens locaux commencèrent à se démarquer comme
« successeurs résidents» au rôle unique joué par les ouvriers
apostoliques [72][72].Ce qui donna naissance
à une figure principale unique dans chaque Église.[73][73] Sans l’influence des
ouvriers extra-locaux qui avaient été introduits par les apôtres du NT,
l'Église commenca à dériver vers les modèles d'organisation présents dans sa
culture environnante.[74][74]
Les
docteurs prominents dans l'Église qui avait adopté la pensée païenne avaient
également une grande influence. Marchant sur les traces d’Ignace d'Antioche,
Cyprien prétendait que l'organisation de l'Église devrait être modelée d’après
celle de l'empire romain. En conséquence, l'impérialisme et une hiérarchie
irréfutable ont fait irruption dans la foi chrétienne. [75][75]
Comme
nous l’avons déjà vu, le rôle de l'évêque a débuté à la tête d'une Église
locale jusqu’à devenir le représentant de tout le monde dans un secteur donné.[76][76] Les évêques régnaient
sur les Églises tout juste comme les gouverneurs romains régnaient sur leurs
provinces. [77][77] Éventuellement, presque
toute l’autorité fut remise entre les mains de l'évêque de Rome pour finalement
se transformer en « pape. »[78][78]
Ainsi
entre les années A.D. 100 et A.D. 300, la direction d'Église en est venue à
être modelée d’après la direction du gouvernement romain [79][79].Aussi, la hiérarchie de
l’Ancien Testament a été employée pour la justifier. [80][80] La règle de l’évêque
unique avait englouti le sacerdoce de tous les croyants.
Ignace
a efficacement fait de l'évêque l'autorité locale. Cyprien a fait de lui un
représentant de toutes les Églises par sa doctrine de succession apostolique.[81][81]
Constantin et la hiérarchie romaine
Gardez
à l'esprit que le monde social dans lequel se répand le christianisme est régi
par un dirigeant unique, un empereur. Peu après que Constantin eut pris le
trône au début du quatrième siècle, l'Église devint une société organisée de
haut en bas et dans tous ses détails[82][82].
Edwin
Hatch écrit, « la plupart des Églises chrétiennes s'étaient associées
ensemble selon l’organisation de l'empire romain…[83][83]. Le développement de
l'organisation des Églises chrétiennes était progressif et les éléments dont
cette organisation se composait étaient déjà existants dans la société
humaine. »[84][84]
Nous
pouvons retracer la structure de direction hiérarchique dès l’Egypte, Babylone,
et la Perse antiques.[85][85] Elle a plus tard été
adoptée par la culture grecque et romaine où elle s'est perfectionnée.
L'historien D.C Trueman écrit, « les Perses
ont fait deux contributions exceptionnelles au monde antique : L'organisation
de leur empire et de leur religion. Ces deux contributions ont eu une influence
considérable sur notre monde occidental. Le système d'administration impériale
a été hérité par Alexandre le Grand, adopté par l'empire romain, et par la
suite légué à l'Europe moderne. »[86][86]
Will
Durant fait une énonciation semblable disant que le christianisme « s'est développé par
l'absorption de la foi et du rituel païens ; c'est devenue une Église
triomphante héritant des modèles et du génie de l’organisation de Rome… comme
la Judée lui avait donné l'éthique du christianisme, et La Grèce la théologie,
maintenant Rome lui a donné l'organisation ; tout cela, avec des douzaines de
croyances absorbées et rivales, est entré dans la synthèse chrétienne. »[87][87]
Au
quatrième siècle, l'Église a suivi les mêmes voies que l'empire romain.
L'empereur Constantin a organisé l'Église en diocèses selon le modèle des zones
régionales romaines.[88][88] (la Terme
« diocèse » était une limite séculaire qui référait aux divisions
administratives plus grandes de l'empire romain.)[89][89] Plus tard, le pape
Grégoire forma le ministère de l'Église entière d’après la réglementation
romaine.[90][90]
Encore une fois Durant déplore, « une
fois que le christianisme avait conquis
Rome la structure ecclésiastique de l'Église païenne, le titre et les vêtements
de cérémonie du maximus pontifex… et l'apparat de la cérémonie immémoriale,
passa comme le sang maternel dans la nouvelle religion, et Rome captive captura
son conquérant. »[91][91]
Tout
cela était brutalement contraire à la manière de Dieu envers son Église. Quand
Jésus est entré dans le drame de l'histoire humaine, il a effacé l'icône
professionnelle religieuse aussi bien que la structure de direction
hiérarchique [92][92].En tant que
prolongement de la nature et de la mission du Christ, l'Église primitive était
le premier mouvement à « direction-laique» dans l'histoire. Mais par la
mort des apôtres et des hommes qu'ils ont formés, les choses ont commencé à
changer.[93][93]
Depuis
cette époque, l'Église de Jésus-Christ a cherché son modèle d'organisation
d'Église dans les sociétés dans lesquelles elle était placée. Ceci en dépit de
l'avertissement de notre Seigneur qu'il initierait une nouvelle société avec un
caractère unique.[94][94] Dans un contraste
saisissant aux dispositions de l’Ancien Testament prises au Mont Sinai, ni
Jésus ni Paul n'ont imposé de modèle d'organisation fixe pour le nouvel Israel.
Constantin et la Glorification du Clergé
À
partir de A.D. 313-325, le christianisme n'était plus une religion de lutte
essayant de survivre au gouvernement romain. Elle se dorait au soleil de
l'impérialisme, chargée d'argent et de statut.[95][95] Être chrétien sous le règne
de Constantin n'était plus un handicap. C'était un avantage. Il était à la mode
de devenir un membre de la religion de l'empereur, et de faire partie du clergé
était de recevoir le plus grand des avantages [96][96].
Constantin a exalté le clergé. En A.D. 313, il
donna au clergé chrétien l'exemption de payer des taxes, ce que les prêtres
païens avaient traditionnellement apprécié[97][97].Il les a également
rendus exempts de l’office public obligatoire et de d'autres fonctions
civiques. [98][98] Ils ont été libérés de
poursuite par les cours séculaires et de servir dans l'armée.[99][99] (Les évêques pouvaient
être jugés seulement par la cour d'un évêque, pas par les palais de justice
ordinaires.)[100][100]
Dans
toutes ces choses, le clergé a obtenu le statut de classe à part. Constantin
était le premier à employer les mots « cléricalisme » et
« ecclésiastiques » pour dépeindre une classe sociale plus élevée. [101][101] Il estimait également
que le clergé chrétien méritait les mêmes privilèges que les fonctionnaires
gouvernementaux. Ainsi les évêques siégeaient comme juges séculaires.[102][102]
Les
ecclésiastiques reçevaient les mêmes honneurs que les plus hauts fonctionnaires
de l'empire romain et même de l'empereur lui-même.[103][103] Le fait brutal est que Constantin donnait aux
évêques de Rome plus de puissance qu'aux gouverneurs romains ![104][104] Il a également
commandé que le clergé reçoive des allocations annuelles fixes (salaire
ministériel) !
Le
résultat net de cela était alarmant : Le clergé avait le prestige d’officiers
de l'Église, les avantages d'une classe privilégiée, et la puissance d'une
riche élite[105][105].Il était devenu une
classe isolée avec un état civil et un mode de vie séparés. (Le célibat de
clergé inclu.)[106][106]
Ils
s’habillaient même et se toilettaient différemment des gens du commun.[107][107] Les évêques et les
prêtres rasaient leurs têtes. Cette pratique connue sous le nom de tonsure
vient de la vieille cérémonie romaine de l'adoption. Tous ceux qui avaient des têtes
rasées étaient connus en tant que « commis » ou « clergé. »
[108][108]Ils ont également
commencé à porter les vêtements des fonctionnaires romains.[109][109]
Nul ne
devrait être surpris que tant de gens aux jours de Constantin aient éprouvé un
« appel soudain au ministère. »[110][110] À leur esprit, être un
dirigeant d'Église était devenu plus une carrière qu'une vocation.[111][111]
Une Fausse Dichotomie
Sous Constantin, le christianisme a été
identifié et honoré par l'état. Ce qui a brouillé la ligne de démarquation
entre l'Église et le monde. La foi chrétienne n'était plus une religion de
minorité. Au lieu de cela, elle était protégée par l’Empereur. Par conséquent,
l'adhésion à l'Église s'est développée rapidement. Un nombre infini de
nouveaux convertis étaient faits dont la plupart à peine convertis. Ils ont
introduit une grande variété d’idées païennes dans l'Église. Dans les mots de
Will Durant, « Tandis que le christianisme convertissait le monde ; le
monde convertissait le christianisme, et démontrait le paganisme naturel de
l'humanité. »[112][112]
Comme
nous l’avons déjà vu, on commença alors à utiliser la pratique des religions à
mystère dans le culte de l'Église[113][113].La notion païenne de
la dichotomie entre le sacré et le profane réussit à pénétrer la pensée
chrétienne.[114][114] On peut légitimement
dire que la distinction entre les classes de clergé/laïcs s'est développée à
partir de cette dichotomie même. La vie chrétienne maintenant était divisée en
deux parties : Séculaire et spirituelle—sacrée et profane.
Mais vers le quatrième siècle, cette idée
fausse était universellement embrassée par les Chrétiens. Elle menait à l'idée
profondément confondue qu'il y a des professions sacrées (un appel au « ministère »)
et des professions ordinaires (un appel à une vocation mondaine)[115][115].L'historien Philip
Schaff décrit correctement ces facteurs comme créant « la sécularisation
de l'Église » où « le pur courant du christianisme » était
devenu pollué.[116][116]Prenez note que cette
dichotomie erronée vit toujours dans l’esprit de la plupart des croyants
aujourd'hui. Mais le concept est païen, non chrétien. Il nie la réalité du NT
que la vie quotidienne est sanctifiée par Dieu. [117][117]
Clément de Rome (mort en l’an 100) a été le
premier auteur chrétien à faire une distinction entre le statut des chefs et
des non-chefs chrétiens. Il est le premier à employer le terme
« laïcs » en opposition aux ministres.[118][118] Clément prétendait que
l'ordre de l’Ancien Testament des prêtres devrait trouver sa réalisation dans
l'Église chrétienne. [119][119]
Tertullien est le premier auteur à employer le
terme « clergé » pour se rapporter à une classe séparée de chrétiens.[120][120] Tertullien et Clément
d'Alexandrie (150-215) ont popularisé le terme « clergé » dans leurs
écrits.[121][121]
Vers
le troisième siècle, l'écart clergés/laïcs s'est élargi au point de non retour.[122][122] Les ecclésiastiques
étaient les chefs qualifiés de l’Église—les gardiens de l’orthodoxie—des
docteurs du peuple. Ils possédaient les dons et les grâces non disponibles au
moindre des mortels.
Les
laïcs étaient deuxième-classe, des chrétiens non qualifiés. Le grand théologien
Karl Barth a correctement dit, « le terme « laïcs » est une des
plus mauvaises expressions du vocabulaire de la religion et doit être bani de
la conversation chrétienne. »[123][123]
Les
termes « clergé » et « laïcs » n'apparaissent pas dans le
NT.Non plus le concept qu'il y ait ceux qui font le ministère (clergé) et ceux
à qui le ministère est donné (les laïcs). Ainsi ce que nous avons en Tertullien
et les deux Cléments est une rupture claire de la pensée chrétienne du premier
siècle où tous les croyants partagent le même statut.
La
distinction entre le clergé et le laïc —le pupître et la congrégation
appartiennent à l'autre côté de la croix. Avec la Nouvelle Alliance en Christ,
le clergé et les laïcs sont supprimés. Il y a seulement le peuple de Dieu.[124][124]
Avec
ces changements de pensée est venu un nouveau vocabulaire. Les chrétiens
commencaient à adopter le vocabulaire des cultes païens. Le titre de pontifex
(pontife, un titre païen) est devenu un terme commun pour le clergé chrétien au
quatrième siècle. Ainsi que
« maître de cérémonie, » et « grand maître de la loge. »[125][125] Tout ceci renforca la
mystique du clergé en tant que gardien des mystères de Dieu.[126][126]
Vers
le cinquième siècle, la pensée du sacerdoce de tous les croyants avait
complètement disparu de l'horizon chrétien. L'accès à Dieu était maintenant commandé
par la caste du clergé. Le célibat du cléricalisme commenca à s’imposer. La
communion peu fréquente est devenue une habitude régulière des soi disants
laïcs. Le bâtiment d'Église était maintenant voilé avec l'encens et la fumée.
Les prières du clergé étaient dites dans le secret. Le petit mais profondément
significatif écran de séparation entre le clergé et les laïcs était introduit.
En
somme, vers la fin du quatrième siècle jusqu’au cinquième, le clergé était
devenu une caste sacerdotale— «un groupe élite d'hommes saints. » [127][127]Ce qui nous mène au
sujet épineux de l’ordination.
L'erreur de l’ordination
Au
quatrième siècle, la théologie et le ministère étaient le domaine des prêtres.
Le travail et la guerre étaient le domaine des laïcs. [128][128]Quel était le rite de
passage dans le royaume sacré du prêtre ? L’Ordination.[129][129]
Avant
que nous n’ examinions les racines historiques de l’ordination, voyons comment
la direction s’identifiait dans l'Église primitive. Les ouvriers apostoliques (planteurs
d'Église) du premier siècle revisitaient une Église après une certaine période.
Dans certaines de ces Églises, les ouvriers reconnaîssaient publiquement des
anciens. Dans tous les cas, les anciens étaient déjà « en place »
avant qu'ils soient publiquement approuvés.[130][130]
Les
anciens émergeaient naturellement dans une Église par le processus du temps.
Ils n’étaient pas nommés à un office externe[131][131].Au lieu de cela, ils
étaient identifiés en vertu de leur ancienneté et contribution à l'Église.
Selon le NT, l'identification de certains membres doués est une chose
instinctive et organique[132][132].Il y a un principe
interne chez chaque croyant d'identifier les divers ministères dans l'Église.
De
façon saisissante, il y a seulement trois passages dans le NT qui nous
indiquent que des anciens étaient publiquement identifiés. Des anciens ont été
reconnus dans les Églises de Galatie. Paul a dit à Timothée de reconnaître des
anciens dans Éphèse. Il a également dit à Tite de les identifier dans les Églises
de Crète.
Les
mots « ordonnent » (KJV) dans ces passages ne signifient pas élever
au rang d’officiant[133][133]. Ils portent plutôt
l'idée primitive d'approuver, de confirmer, et de montrer ce qui s'était déjà
produit[134][134]. Ils portent également
la pensée de la bénédiction[135][135].L'identification
publique des anciens et d'autres ministères était typiquement accompagnée de
l’imposition des mains par les ouvriers apostoliques. (Dans le cas d’ouvriers
devant être envoyés, ceci était fait par l'Église ou les anciens.)[136][136]
Au
premier siècle, l’imposition des mains signifiait uniquement l'approbation ou
l'affirmation d'une fonction, non pas l'installation dans un office ou
l’administration d’un statut spécial. Regrettablement, elle en est venue à
signifier exactement cela à la fin du deuxième et au début du troisième siècle.[137][137]
Au
troisième siècle, « l’Ordination » a pris une signification
entièrement différente. Elle est devenue un rite chrétien formalisé.[138][138] Vers le quatrième
siècle, la cérémonie de l’ordination a été embellie par des vêtements
symboliques et le rituel solennel.[139][139] L’ordination a produit
une caste ecclésiastique qui a usurpé le sacerdoce de la foi.
D'où
supposez-vous que les chrétiens aient obtenu leur modèle de l’Ordination ? Ils
ont modelé leur cérémonie de l’Ordination d’après la coutume romaine de nommer
des hommes à l’ office civil[140][140].Le processus entier
jusqu’aux mots mêmes est venu directement du monde civique romain ![141][141]
Vers
le quatrième siècle, les termes utilisés pour la nomination à l’office romain
et pour l’ordination chrétienne sont devenus synonymes[142][142].Quand Constantin a
fait du christianisme la religion de choix, les structures de direction
d'Église étaient étayées par sanction politique. Les formes du sacerdoce
de l’Ancien Testament étaient combinées avec la hiérarchie grecque[143][143]. Malheureusement,
l'Église était bloquée dans cette mouvelle forme, tout comme elle l'est
aujourd'hui.
Augustin (293-373) abaissa la barre davantage
en enseignant que l’ordination confère « une impression indélébile »
sur le prêtre, ce qui l'autorise à accomplir ses fonctions sacerdotales ! [144][144]Pour Augustin,
l’ordination était une possession permanente qui ne pouvait pas être retirée.[145][145]
L’ordination chrétienne, alors, en est venue à
être comprise comme constituant la différence essentielle entre le clergé et
les laïcs. Par elle, le clergé était autorisé à administrer les sacrements. On
croyait que le prêtre, qui assure le service divin, devrait être le plus
parfait et saint de tous les chrétiens.[146][146]
Grégoire de Nazianzus (329-389) et Chrysostome
(347-407) ont élevé la norme tellement haut pour les prêtres que le danger est
apparu indistinctement pour eux s'ils ne vivaient pas selon la sainteté de leur
service. [147][147]Selon Chrysostome, le
prêtre est comme un ange. Il n'est pas fait de la même substance frêle que le
reste des hommes ! [148][148]
Comment le prêtre devait-il vivre dans un tel
état de sainteté pure ? Comment serait-il digne de servir dans « le choeur
des anges » ? La réponse était l’Ordination. Par l’Ordination, le courant
des grâces divines coulait dans le prêtre, faisant de lui un réceptacle
convenable à l'usage de Dieu. Cette idée, également connue sous le nom de
« dotation sacerdotale » apparaît premièrement en Grégoire de Nyssa
(330-395).
Grégoire soutenait que l’ordination faisait
invisiblement mais réellement du prêtre, « un homme différent et
meilleur, » l'élevant haut au-dessus des laïcs.[149][149] « La même
puissance de la Parole, » dit Grégoire, « rend le prêtre vénérable et
honorable, séparé… alors qu’ hier il était un de la masse, un du peuple, il
était soudainement transformé en guide, en président, en docteur de justice, en
instructeur des mystères cachés… » [150][150]
Écoutez les termes d'un document du quatrième
siècle : « L'évêque est le ministre de la Parole, le gardien de la
connaissance, le médiateur entre Dieu et vous dans plusieurs parties de votre
culte divin…. Il est votre directeur et gouverneur…. Il se place juste après
Dieu et est votre dieu terrestre, que tu dois honorer. » [151][151]
Par
l’ordination, on accordait au prêtre (ou à l'évêque) des pouvoirs divins
particuliers afin d'offrir le sacrifice de la messe. L’ordination faisait de
lui également une classe d’hommes complètement séparés et saints! [152][152]Les prêtres en sont
venus à être identifiés en tant que « curés de Dieu sur la terre. »
Ils faisaient partie d'un ordre particulier d’hommes. Un ordre indépendant des
prétendus « membres de la congrégation » de l'Église.
Pour
démontrer cette différence, le style de vie du prêtre et sa robe étaient
différents de celui des laïques. [153][153]Malheureusement, ce
concept de l’Ordination n'a jamais quitté la foi chrétienne. Il est bien vivant
dans le christianisme moderne. En fait, si vous vous demandez pourquoi et
comment le pasteur moderne en est venu à être ainsi exalté en tant qu’«homme
saint de Dieu, » ce sont là ses racines.
Eduard
Schweizer, dans son oeuvre Church Order in the New Testament, soutient le fait
que Paul ne savait rien au sujet d'une Ordination confèrant des pouvoirs
ministériels ou cléricals à un chrétien. [154][154]Les bergers du premier siècle (anciens, surveillants) n'ont
reçu rien qui ressemble à l’ordination moderne. Ils n’étaient jamais placés au-dessus
du reste du troupeau. Ils étaient ceux qui servent parmi eux.[155][155]
Les
anciens du premier siècle étaient uniquement approuvés publiquement par les
ouvriers extérieurs en tant que ceux qui prenaient soin de l'Église. Une telle
reconnaissance était uniquement l'identification d'une fonction. Elle ne conférait pas de pouvoirs particuliers. Ni
n’était une possession permanente comme Augustin le croyait.
La
pratique moderne de l’ordination crée une caste spéciale de chrétien. Que ce
soit le prêtre dans le catholicisme ou le pasteur dans le protestantisme, le
résultat est identique : Le ministère le plus important est réservé à quelques
croyants « spéciaux ».
Une
telle idée est aussi préjudiciable qu'elle est nonscripturale. Le NT nulle part
ne limite de prêcher, baptiser, ou distribuer le Repas du Seigneur aux
« ordonnés. » [156][156]L’éminent érudit James
D.G. Dunn le dit bien quand il dit que la tradition de clergé-laïcs a fait plus
pour miner l'autorité du NT que la plupart des hérésies ! [157][157]
Puisque l’office d'Église pouvait seulement
être obtenu par le rite de l’ordination, la puissance d'ordonner est devenue la
question cruciale en ce qui concerne l'autorité religieuse. Le contexte
biblique a été perdu. Et des méthodes de « preuve contextuelle » ont
été employées pour justifier la hiérarchie clergé/laïcs. [158][158]Le croyant ordinaire,
généralement inculte et ignorant, était à la mercie d'un clergé professionnel !
[159][159]
La Réforme
Les réformateurs
du XVIe siècle ont remis le sacerdoce catholique brusquement en question. Ils
ont attaqué l'idée que le prêtre possédait des pouvoirs particuliers pour
convertir le vin en sang. Ils ont rejeté la succession apostolique. Ils ont
encouragé le clergé à se marier. Ils ont mis à jour la liturgie pour donner à
l’assemblée plus de participation. Ils ont également supprimé l’office de
l'évêque et ont réduit le prêtre à un ancien. [160][160]
Malheureusement, les réformateurs ont importé la distinction catholique
clergé/laïcs directement dans le mouvement protestant. Ils ont également gardé
l'idée catholique de l’ordination. [161][161]Bien qu'ils aient
supprimé l’office de l'évêque, ils ont ressuscité la règle de l’évêque unique,
le revêtant d’une nouvelle tenue.
Le cri
de ralliement de la Réforme était la restauration du sacerdoce de tous les
croyants. Cependant, cette restauration était seulement partielle. Luther
(1483-1546), Calvin (1509-1564), et Zwingli (1484-1531) affirmaient le
sacerdoce du croyant en ce qui concerne sa relation individuelle avec Dieu. Ils
ont correctement enseigné que chaque chrétien avait l'accès direct à Dieu sans
le besoin d'un médiateur humain. C'était une restauration merveilleuse, mais
partielle.
Ce que
les réformateurs n'ont pas fait était de récupérer la dimension Corporative du
sacerdoce des croyants. Ils ont reconstitué la doctrine du sacerdoce des
croyants, seulement en tant que relative au salut. Mais ils ne l'ont pas
reconstitué ecclesiologiquement—i.e., en rapport avec l'Église.[162][162]
En
d'autres termes, les réformateurs ont seulement rétabli le sacerdoce du croyant
(singulier). Ils nous ont rappelés que chaque chrétien avait un accès
individuel et immédiat à Dieu. Aussi merveilleux que cela puisse être, ils
n'ont pas récupéré le sacerdoce de tous les croyants (pluriel collectif). C'est
la vérité bénie que chaque chrétien fait partie d'une communauté qui partage la
Parole de Dieu ensemble. (Ce sont les Anabaptistes qui ont rapatrié cette
pratique. Regrettablement, ce rétablissement était l'une des raisons pour
lesquelles les épées protestantes et catholiques étaient rouges du sang
Anabaptiste.)[163][163]
Tandis
que les réformateurs s'opposaient au pape et à sa hiérarchie religieuse, ils se
tenaient toujours la vue étroite du ministère qu’ils avaient hérité. Ils
croyaient que le « ministère » était une institution réservée pour
les peu qui « sont appelés » et « ordonnés. » [164][164]Les réformateurs
soutenaient toujours ainsi la disparité clergé-laïcs. Seulement dans leur rhétorique,
ils déclarent que tous les croyants étaient des prêtres et des ministres. Dans
leur pratique, ils l'ont niée. Ainsi après que la poussière de la Réforme se
soit dégagée, nous sommes revenus à ce que les catholiques nous avaient
légué—le sacerdoce sélectif !
Luther
tenait à l'idée qui ceux qui prêchent devaient nécessairement être
particulièrement formés.[165][165] Comme les catholiques,
les réformateurs soutenaient que seulement « le ministre ordonné »
pouvait prêcher, baptiser, et diriger le Repas du Seigneur.[166][166] En conséquence,
l’ordination a donné au ministre une aura spéciale de faveur divine qui ne
pouvait remettre en cause.
Tragiquement, Luther et les autres
réformateurs ont violemment dénoncé les Anabaptistes pour la pratique du ministère
de chaque membre dans l'Église.[167][167] L'Anabaptiste croyait
qu'il était le droit de chaque chrétien de se lever et parler lors d'une
réunion. Ce n'était pas le domaine du clergé. Luther était ainsi opposé à cette
pratique qu'il disait venir « du puits de l'enfer » et ceux qui
étaient coupables devraient être mis à mort ! [168][168](voyez votre héritage
cher Chrétien Protestant!)
En
bref, les réformateurs ont maintenu l'idée que l’ordination était la clef de la
puissance dans l'Église. C'était le devoir du ministre ordonné de donner la
révélation de Dieu à son peuple.[169][169] Et il était payé pour
ce rôle.
Comme
le prêtre catholique, le ministre reformé était considéré par l'Église comme
« l’homme de Dieu » le
médiateur payé entre Dieu et son peuple.[170][170] Pas un médiateur pour
pardonner les péchés, mais un médiateur pour communiquer la volonté divine. [171][171]Ainsi dans le
protestantisme un ancien problème a pris une nouvelle forme. Le jargon a
changé, mais le poison est resté.
Du prêtre au pasteur
Jean
Calvin n’aimait pas le terme « prêtre » pour se référer à des
ministres. [172][172]Il préférait le terme
«pasteur ». [173][173]Dans l'esprit de
Calvin, « pasteur » était le terme le plus élevé pour désigner le
ministère. Il l'aimait parce que la Bible s'est rapportée à Jésus-Christ, comme
« le grand berger des brebis » (Heb. 13:20). [174][174]Ironiquement, Calvin a
cru qu'il reconstituait l'évêque du NT (episkopos) en la personne du pasteur ! [175][175]
Luther
non plus n’aimait pas le terme « prêtre » pour définir les nouveaux
ministres protestants. Il écrit, « nous ne pouvons ni devons donner le
titre de prêtre à ceux qui sont responsables de la Parole et du sacrement parmi
le peuple. La raison pour laquelle il est appelé prêtre est la coutume des
peuple païens ou comme vestige de la nation juive. Le résultat est nuisible à
l'Église. » [176][176]Ainsi il a aussi adopté
les termes « prédicateur, » « ministre, » et
« pasteur » pour se référer à ce nouvel office.
Zwingli et Martin Bucer (1491-1551) ont également
favorisé le terme « pasteur. » Ils ont écrit des traités populaires
là-dessus. [177][177]En conséquence, le
terme commença à imprégner les Églises de la Réforme. [178][178]Cependant, étant donné
leur obsession pour la prédication, le terme préféré des réformateurs pour le
ministre était « prédicateur. »[179][179] C’était aussi que les
gens du commun les appelaient généralement.[180][180]
Ce
n'est pas avant le XVIIIe siècle que le terme « pasteur » a hérité de
l'utilisation commune, éclipsant « prédicateur » et
« ministre. » [181][181]Cette influence est
venue du Piétiste luthérien. [182][182]Depuis lors le terme
s’est répandu dans le christianisme traditionnel.[183][183]
Néanmoins, les réformateurs ont élevé le
pasteur pour en faire le chef et la tête de l'Église. Selon Calvin,
« l’office pastoral est nécessaire pour préserver l'Église sur terre d'une
plus grande manière que le soleil, la nourriture, et la boisson sont
nécessaires pour nourrir et soutenir la vie actuelle. »[184][184]
Les
réformateurs croyaient que le pasteur possédait la puissance et l'autorité
divines. Il ne parle pas en son propre nom, mais au nom de Dieu. Calvin a
renforcé la supériorité du pasteur en considérant les actions de mépris ou de
ridicule envers le ministre en tant qu'offenses publiques sérieuses.[185][185]
Ce
n’est pas dutout surprenant quand vous réalisez de quel modèle Calvin s’est
servi pour le ministère. Il n'a pas considéré l'Église de l'âge apostolique. [186][186]Au lieu de cela, il
s’est servi du modèle la règle de l’évêque unique du deuxième siècle ! Cela
vaut aussi bien pour les autres réformateurs.[187][187]
L'ironie ici est que Jean Calvin reprochait à
l'Église catholique d’avoir établi ses pratiques sur « des inventions
humaines » plutôt que sur la Bible. [188][188]Mais Calvin a fait la
même chose ! À cet égard, les protestants sont aussi coupables que les
catholiques. Les deux dénominations basent leurs pratiques sur la tradition
humaine.
Calvin
enseignait que la prédication de la Parole de Dieu et l'administration appropriée
des sacrements sont les signes d'une vraie Église. [189][189]Dans sa pensée, la
prédication, le baptême, et l'eucharistie devaient être célébrés par le pasteur
et non par l’assemblée. [190][190]Pour tous les
réformateurs, la fonction primaire d'un ministre est la prêche[191][191].
Comme
Calvin, Luther a également fait du pasteur un office séparé et exalté. Tandis
qu'il arguait que les clefs du royaume appartenaient à tous les croyants,
Luther a confiné leur utilisation à ceux qui tenaient des offices dans l'Église.
[192][192]« Nous sommes tous
prêtres, » avait dit Luther, « autant que nous sommes des chrétiens,
mais ceux que nous appelons prêtres sont des ministres choisis parmi nous pour
agir en notre nom, et leur sacerdoce est notre ministère. » [193][193]
Malheureusement,
Luther a cru que tous sont dans le sacerdoce, mais pas tous peuvent exercer le
sacerdoce[194][194].C'est du
sacerdotalisme, pur et simple. Luther s'est séparé du camp catholique du fait
qu’il rejetait un sacerdoce de sacrifice. Mais à sa place, il a cru que le
ministère de la Parole de Dieu appartenait à un ordre exclusif.[195][195]
Lisez
bien ces quelques déclarations typiques de Luther dans son exaltation du
pasteur : « Dieu parle par le prédicateur… un prédicateur chrétien est un
ministre de Dieu mis à part, oui, il est un ange de Dieu, un évêque envoyé par
Dieu, un sauveur de beaucoup de gens, un roi et prince dans le royaume du
Christ… là n'est rien de plus précieux ou plus noble sur terre et dans cette
vie qu'un pasteur ou un prédicateur vrai et fidèle. » [196][196]
Il dit
aussi, « nous ne devrions pas permettre à notre pasteur de dire les
Paroles du Christ tout seul comme s'il les disait pour lui-même ;plutôt, il est la bouche de tous et nous les disons
avec lui dans nos coeurs…. C'est une chose merveilleuse que la bouche de chaque
pasteur soit la bouche du Christ, donc vous devez écouter le pasteur pas en
tant qu'homme, mais comme Dieu. » [197][197]Vous pouvez entendre
l’écho d'Ignace résonner dans les paroles de Luther.
Ces
idées ont corrompu la perception de Luther de l'Église. Il pensait qu'elle
n'était d’autre qu'une station de prédication. « L’assemblée
chrétienne, » a dit Luther, « ne devrait jamais se réunir à moins que
la Parole de Dieu soit prêchée et la prière dite, peut importe la durée. »
[198][198]Luther a cru que
l'Église était uniquement une réunion du peuple qui écoute la prédication. Pour
cette raison, il a appelé l’édifice d'Église Mundhaus, qui signifie une bouche
ou une maison de discours ! [199][199]Il a également fait
cette déclaration : « Les oreilles sont les seuls organes d'un
chrétien. »
Cher
Chrétiens Protestants, voyez vos racines ![200][200]
La Cure des Âmes
Calvin
et Luther partagaient l'opinion que les deux fonctions principales du pasteur
étaient la proclamation de la Parole (prédication) et la célébration de
l'eucharistie (communion). Mais Calvin a ajouté un troisième élément. Il a
souligné que le pasteur avait un devoir de prodiguer la cure à l’assemblée.[201][201] Cette pratique est
connu comme la « cure des âmes. »
La
« cure des âmes » vient des quatrième et cinquième siècles.[202][202] Nous la trouvons dans
l'enseignement de Grégoire de Nazianzus. Grégoire appelait l'évêque un —
« pasteur » un médecin des âmes qui diagnostique les maladies de son
patient et prescrit la médecine ou le couteau.[203][203]
Les
premiers disciples de Luther ont également pratiqué la cure des âmes.[204][204] Mais dans la Genève de
Calvin, elle a été élevée à une forme d'art. Chaque pasteur et ancien étaient
requis de visiter les maisons des membres de leur congrégation. On a également
observé des visites régulières aux malades et aux prisonniers. [205][205]
Pour
Calvin et Bucer, le pasteur n'était pas uniquement un prédicateur et un
distributeur des sacrements. Il était la « cure des âmes » ou le « curé. »
Sa tâche était d'apporter le soin, la cure, et compassion au peuple souffrant de Dieu.[206][206]
Cette
idée vit dans le monde protestant aujourd'hui. On le voit aisément dans les
concepts modernes « de soin pastoral, » « consultation
pastorale, » et « la pseudopsycho chrétienne. » Dans l'Église
moderne, le fardeau d'un tel soin tombe sur les épaules d'un seul homme :
le pasteur. (Au premier siècle, il incombait à l'Église entière et à un groupe
d'hommes chevronnés appelés « anciens. »)[207][207]
La Primauté du Pasteur
En
bref, la Réforme protestante a frappé un coup au sacerdotalism catholique. Mais
ce n'était pas un coup mortel. Les réformateurs maintenaient toujours la règle
de l’évêque unique. Elle a uniquement subi un changement sémantique. Le pasteur
va maintenant jouer le rôle de l'évêque. Il en est venu à être considéré comme
la Tête locale, un principal ancien de l’Église. [208][208]Comme le dit un auteur,
« dans le protestantisme, les prédicateurs tendent à être les porte-parole
et les représentants de l'Église et l'Église est souvent l'Église du
prédicateur. C'est un grand danger et menace à la religion chrétienne, non sans
relation au cléricalisme. » [209][209]
Les
Réformes faites par les réformateurs n'étaient pas assez radicales pour détourner
la marée enclenchée par Ignace et Cyprien. La Réforme a embrassé la structure
hiérarchique catholique avec une acceptation irréfléchie. Elle a également
maintenu la distinction non scripturale entre ordonné et non ordonné.
Dans
leur rhétorique, les réformateurs ont décrié la séparation clergé-laïcs. Mais,
dans leur pratique, ils l'ont entièrement maintenue. Comme Kevin Giles
l’indique, «les différences entre le clergé catholique et protestant ont
été brouillées dans la pratique et la théologie. Dans les deux genres
d'Églises, le clergé était une classe à part ; dans les deux, leur statut
spécial reposait sur des initiatives divines (négociées de différentes
manières) ; et dans les deux, certaines fonctions leur étaient
réservées. »[210][210]
La
longue tradition postbiblique de la règle de l’évêque unique (maintenant
incorporée dans le pasteur) règne toujours dans l'Église protestante
d’aujourd'hui. Puisque la ligne de démarcation clergés/laïcs est gravée dans la
pierre, il existe des pressions psychologiques énormes qui obligent le prétendu
peuple à estimer que le ministère est la responsabilité du pasteur.
« C'est son travail. Il est l'expert, » telle est la pensée.[211][211]
Le terme
du NT pour ministre est diakonos. Il signifie « serviteur. » Mais ce
mot a été prostitué parce que les hommes ont professionnalisé le ministère.
Nous avons pris le mot « ministre » et l'avons superposé
avec le pasteur sans justification scripturale quelquonque. De manière
semblable, nous avons superposé la prédication et le ministère avec le sermon
de pupitre. Encore, sans justification biblique.[212][212]
D’après la tendance de Calvin et de Luther,
les auteurs puritains Jean Owen (1616-1683) et Thomas Goodwin (1600-1680) ont
élevé le Pastorat comme l’utilitaire unique et
permanent dans la maison de Dieu[213][213].Owen et Goodwin ont
influencé les puritains à focaliser toute l'autorité dans le rôle
pastoral.Selon eux, le pasteur a reçu « la puissance des clefs. » Lui
seul est ordonné pour prêcher, administrer les sacrements, lire les Écritures
publiquement,et compétent dans les langues bibliques originales, aussi bien que
la logique et la philosophie. [214][214]
Les réformateurs
et les puritains ont tous deux retenus l'idée que les ministres de Dieu doivent
être des professionnels compétents. [215][215]Par conséquent, les
pasteurs doivent avoir la formation scolaire spécialisée pour remplir leur
office.[216][216]
Tous
ces éléments expliquent comment et pourquoi le pasteur est maintenant traité
comme une classe d'élite… un chrétien exceptionnel… quelqu'un à vénérer (par
conséquent le titre « révérend »). Le pasteur et son pupitre
prédominent sur le culte protestant.[217][217]
Comment
le pasteur détruit la vie du Corps
Maintenant que nous avons déterré les racines
du pasteur moderne, tournons notre attention sur les effets pratiques qu'un
pasteur produit sur le peuple de Dieu.
La
distinction non scripturale de clergé/laïc a fait un mal incalculable au Corps
du Christ. Elle a divisé la communauté en croyants de première et deuxième
classe. La dichotomie clergé/laïc perpétue une fausseté terrible. À savoir, que
quelques chrétiens sont plus privilégiés que d'autres pour servir le Seigneur.
Notre
ignorance de l'histoire de l'Église nous a aveuglément volé une grande partie
de notre héritage collectif. Le ministère individuel est entièrement étranger
au NT, pourtant nous l'embrassons tandis qu'il suffoque notre fonctionnement.
Nous sommes des pierres vivantes, non mortes. Cependant, l’office pastoral nous
a transformés en pierres qui ne respirent pas.
Permettez-moi devenir personnel. L’office
pastoral vous a volé votre droit de fonctionner comme membre du Corps du Christ
! Il a fermé votre bouche et vous a attaché à un siège. Il a tordu la réalité
du Corps, faisant du pasteur une bouche géante et vous une oreille minuscule.[218][218] Il vous a rendu
spectateur muet à peine compétent à prendre des notes de sermon et à passer un
plateau pour l’offrande !
Mais
ce n'est pas tout. L’office pastoral moderne a renversé la pensée principale de
la lettre aux Hébreux—la fin de l’Ancien sacerdoce. Il a rendu inefficace
l'enseignement de 1 Corinthiens 12-14, que chaque membre a le droit et le
privilège du service lors d'une réunion d'Église. Il a vidé le message de 1
Pierre 2 qui révèle que chaque frère et sœur est un prêtre dans le service.
Un prêtre en service ne signifie pas que vous
pouvez seulement exécuter des formes pincées de ministère comme nommer des
cantiques de votre siège, lever les mains pendant le culte, avoir l’air
transparents, ou enseigner une classe d'école de dimanche. Ce n'est pas l'idée
du ministère du NT. Ce sont là seulement des aides pour le ministère du pasteur
! Comme un disciple l'a dit, « beaucoup de cultes protestants, jusqu'à
aujourd'hui ont également été infectés par une tendance accablante de
considérer le culte comme le travail du pasteur (et peut-être du choeur) avec
la majorité des laïcs ayant très peu à faire sauf pour chanter quelques hymnes
et pour écouter d'une manière pieuse et attentive. »[219][219]
Nous
traitons le pasteur comme s’il était l'expert professionnel. Nous nous
attendons à ce que les docteurs et les ministres nous servent, pas pour nous
apprendre à servir les autres. Et pourquoi ? Parce qu'ils sont les experts. Ils
sont les professionnels qualifiés. Malheureusement, nous considérons le pasteur
de la même manière. Toute cette manière de faire s’élève contre le fait que
chaque croyant est un prêtre, non seulement devant Dieu, mais les uns envers
les autres.
Mais
il y a quelque chose d’autre. Le Pastorat moderne rivalise contre l’Autorité
fonctionnelle du Christ dans son Église. Il tient d'une manière illégitime la
place unique de la centralité et de l’Autorité parmi le peuple de Dieu, une
place réservée seulement pour la Personne du Seigneur Jésus. Jésus-Christ est
le seul chef sur l’Église et le mot final. [220][220]Par son office, le
pasteur déplace et supplante l’Autorité du Christ en s'établissant comme tête
humaine de l'Église.
Pour
cette raison, rien ne gêne autant la réalisation du but éternel de Dieu que le
rôle pastoral moderne. Pourquoi ? Parce que ce but est de visiblement
manifester l’Autorité du Christ dans l'Église par le libre fonctionnement de
chaque membre du Corps. Tant et aussi longtemps que l’office pastoral demeure,
vous ne serez jamais témoins d'une telle manifestation.
Comment le pasteur se détruit lui-même
Le
pasteur moderne non seulement endommage le peuple de Dieu, il s’endommage
lui-même. L’office pastoral a l’habitude de gaspiller tout ce qui lui tombe
entre les mains. La dépression, l’épuisement, le stress, et la dépression
émotive sont terriblement élevés parmi les pasteurs. À l'heure où l’on se
parle, il y a censément plus de 500.000 pasteurs servant des Églises aux
États-Unis. [221][221]De ce nombre,
considèrez les statistiques suivantes qui mettent à nu le danger mortel de
l’office pastoral :
C 94% Ressentent la pression d’avoir une famille
idéale.
C 90% Travaillent plus de 46 heures par semaine.
C 81% Ont du temps insuffisant avec leurs conjoints.
C 80% croient que le ministère pastoral affecte leur
famille négativement.
C 70% n'ont personne qu'ils considèrent comme ami
intime.
C 70% ont l’estime de soi inférieur à quand ils ont
débuté le ministère.
C 50% se sentent incapables de satisfaire les besoins
du travail. [222][222]
C 80% sont découragés ou traitent la dépression.
C40%+ Rapportent qu'ils souffrent d’épuisement, de
programmes effrénés, et d’espérances peu réalistes.[223][223]
C 33% considèrent le ministère pastoral un risque pure
pour la famille.[224][224]
C 33% ont sérieusement considéré laisser leur position
dans la dernière année.[225][225]
C 40% des démissions pastorales sont dû à l’épuisement.[226][226]
On
s'attend à ce que la plupart des pasteurs jonglent 16 tâches principales à la
fois. [227][227]Et la plupart
s’effondrent sous la pression. Pour cette raison, 1.600 ministres dans toutes
les dénominations à travers les États-Unis sont remerciés ou forcés de
démissionner chaque mois. [228][228]Au cours des 20
dernières années, la durée moyenne d'un pastorat a diminué de sept ans à
seulement deux ans ! [229][229]
Malheureusement, peu de pasteurs ont fait la
relation pour découvrir que c'est leur office qui cause cette turbulence
fondamentale. [230][230]À vrai dire :
Jésus-Christ n'a jamais eu l'intention que personne ne porte tous les chapeaux!
Il n'a jamais eu l'intention que qui que ce soit ne porte une telle charge.
Les
exigences du pastorat sont écrasantes. Tellement qu’elles exténueront n’importe
quel mortel. Imaginez un moment que vous travaillez pour une compagnie qui vous
paye sur la base de la façon dont vous incitez vos gens à se sentir ? Et si
votre salaire dépendait de la façon dont vous les divertissez, sur votre
convivialité, sur la popularité de votre épouse et de vos enfants, sur la façon dont ils s’habillent,
et sur la perfection de votre comportement ?
Pouvez-vous imaginer le stress non mitigé que
ça vous causerait ? Pouvez-vous voir comment une telle pression vous forcerait
à jouer un role prétentieux pour garder votre puissance, votre prestige, et
votre sécurité d'emploi ? (Pour cette raison, la plupart des pasteurs sont imperméables
à recevoir tout genre d'aide.)
La profession pastorale dicte des normes de
direction comme n'importe quelle autre profession, que ce soit docteur,
médecin, ou avocat. La profession dicte comment les pasteurs doivent
s'habiller, parler, et agir. C'est l'une des raisons principales pour
lesquelles beaucoup de pasteurs vivent des vies très artificielles.
À cet
égard, le rôle pastoral stimule la malhonnêteté. Les membres d'une congrégation
s'attendent à ce que leur pasteur soit toujours gai, disponible à l'appel du
moment, jamais irrité, jamais amer, qu’il ait une famille parfaitement
disciplinée, et soit complètement spirituel à tout moment. [231][231]Les pasteurs jouent ce
rôle comme des acteurs dans un drame grec. Ce qui explique le changement
étrange de voix quand la plupart des pasteurs prient. Ce qui explique aussi la
manière pieuse quand ils joignent les mains. La manière unique qu’ils disent
« le Seigneur » (typiquement prononcé « le Seignur »). Et
la manière spéciale qu’ils s'habillent. [232][232]
Toutes
ces choses sont en grande partie de la poudre aux yeux—vides de toute réalité
spirituelle. La plupart des pasteurs ne peuvent pas rester dans leur office
sans être corrompu à un certain niveau. La puissance-politique endémique de
l’office est un problème énorme qui isole bon nombre d'entre eux et empoisonne
leur rapport avec les autres.
Dans
un article perspicace destiné aux pasteurs intitulé : « Preventing
Clergy Burnout » , l'auteur suggère quelque chose qui effraye. Son conseil
aux pasteurs nous donne un coup d'oeil clair dans la puissance-politique qui
est assortie au pastorat. [233][233]Il implore les pasteurs
« d’avoir communion avec le clergé d'autres dénominations. Ces personnes
ne peuvent pas vous nuire ecclésiastiquement, parce qu'elles ne sont pas de
votre cercle officiel. Il n’y a aucune contrainte politique qu'elles ne peuvent
tirer pour vous défaire. » [234][234]
La
solitude professionnelle est un autre virus qui fonctionne largement parmi des
pasteurs. La peste de la solitude conduit quelques ministres dans d'autres
carrières. Elle en conduit d'autres vers des destins plus cruels. [235][235]
Toutes
ces pathologies trouvent leur racine dans l'histoire du pastorat. Il est
« seul au sommet » parce que Dieu n'a jamais eu l'intention pour que
n'importe qui soit au sommet excepté son Fils ! En effet, le pasteur moderne
essaye d'accomplir les 58 exhortations du NT «les uns les autres »
tout seul.Ce n'est donc aucune surprise que la plupart d'entre eux soient
écrasés sous le poids.[236][236]
Conclusion
Le
pasteur moderne est l'élément du christianisme moderne le moins remis en
question. Pourtant il n'a pas un iota dans les Écritures pour démontrer son
existence ni une feuille de figuier pour le couvrir ![237][237]
Plutôt, le pasteur moderne a été créé à partir
de la règle de l’évêque unique d'abord engendrée par Ignace et Cyprien.
L'évêque s'est transformé en presbitre local. Au Moyen-Âge, le prêtre s'est
développé en prêtre catholique. Pendant la Réforme, il a été transformé en
« prédicateur, » « le ministre, » et finalement « en
pasteur » l'homme sur qui tout le protestantisme s’accroche. Pour rédiger
tout cela à une seule phrase : Le pasteur protestant n'est rien d’autre qu'un
prêtre catholique légèrement reformé !
Les
prêtres catholiques avaient sept fonctions à l'heure de la Réforme :
Prédication, les sacrements, prières pour le troupeau, une vie pieuse, discipline,
rites d'Église, soutient aux pauvres, et visite aux malades.[238][238] Le pasteur protestant
se charge de toutes ces responsabilités en plus de bénir parfois des événements
civiques.
Le célèbre
poète Jean Milton a dit: Le « nouveau prêtre n’est rien d’autre que
l’ancien agrandi ! » [239][239]Ce qui veut dire : Le
pasteur moderne n’est rien d’autre que l’ancien prêtre écrit dans de plus
grandes lettres !
Je me suis accompli à
l’université de la Bible. Je suis allé
au séminaire et je me suis accompli dans la seule chose qu'ils enseignent là :
le ministère professionnel. Quand j'ai reçu mon diplôme, je me suis rendu
compte que je pouvais parler latin, grec, et hébreu, et la seule chose sur terre
pour laquelle j’étais qualifié était d’être pape. Mais quelqu'un d'autre
occupait déjà le poste.
- Pasteur anonyme
[1][1] Je mets l’accent sur le mot « pasteur » dans ce chapitre pour attirer l'attention sur l’office plutôt que sur la personne qui l’accomplit.
[2][2] ] La
plupart des hommes et femmes qui deviennent des pasteurs n'ont jamais considéré
les racines de cet office. On ne leur a jamais offert d’autre alternative pour
servir Dieu. Ce qui, en effet, est une tragédie terrible. (Voyez la poésie de Calf-Path à
la page 31.) Néanmoins, bien que leur office soit sans mérite scriptural, les
pasteurs souvent aident le peuple. Mais ils aident le peuple en dépit de leur
office, pas à cause de celui-ci.
[3][3] Le dérivé du mot poimen est employé dans les
Actes 20:28 et 1 Pierre 5 :2 - 3.
[4][4] Il y a autant de support biblique pour pasteur
qu'il y en a pour le baptême pour les morts. Tous les deux sont mentionnés
seulement une fois dans
[5][5] Le NT n'emploie jamais les mots grecs séculaires
des autorités civiles et religieuses pour dépeindre des ministres dans
l'Église. De plus, quoique la plupart des auteurs du NT aient été trempés dans
le système sacerdotal juif de l’Ancien Testament, ils n'emploient jamais le mot
hiereus (prêtre) pour se référer au ministère chrétien. L’ordination à l’office
présuppose un rôle statique et défini de direction d'Église qui n'a pas existé
dans les Églises apostoliques. Marjorie Warkentin, l’Ordination: Marjorie Warkentin, Ordination: A Biblical-Historical View (Grand Rapids: Eerdmans,
1982), pp. 160-161, 166; Who is Your
Covering? Chapitres 1-3.
[6][6] , il y a des hommes qui donneraient leurs dents
pour être appelés « pasteur » ou « révérend. » Les termes
de Job viennent à l'esprit : « Je n’aurai point égard à l’apparence, et je
ne flatterai personne;
22 Car je ne sais pas flatter: Mon créateur m’enlèverait bien vite.32:21).
[7][7] Révélation 1:6 ; 5:10 ; 20:6. Chaque croyant est
un prêtre selon le NT. R. Paul Stevens, The Other Six Days: Vocation, Work, and Ministry in Biblical
Perspective (Grand Rapids: Eerdmans, 1999), pp. 173-181.
[8][8] Hanson, Christian Priesthood Examined
(Guildford and London: Lutterworth Press, 1979), pp. 34-35
[9][9] Ce mot est l'épellation dans les lettres anglaises du mot grec pour « ancien » (des presbuteros).
[10][10] Les termes « surveillants » et
« serviteurs » furent plus tard ecclésiastisés dans les mots
« évêques » et « diacres » (M.
Smith, From Christ to Constantine,
Downer’s Grove: InterVarsity Press, 1971, p. 32).
[11][11] Rethinking
the Wineskin, Chapters 5-6; Who
is Your Covering?, Chapitres 1-2.
[12][12] ] Le « christianisme…a pris l'exemple des
religions païennes que la plupart des hommes trouvent difficile de comprendre
ou d’approcher Dieu sans l’aide d'un homme qui dans un certain sens représente
Dieu, le représente, et se sent appelé pour se consacrer à ce ministère
représentatif » (Christian
Priesthood Examined, p. 100).
[13][13] La marque de distinction de toute religion est
un sacerdoce humain séparé.
[14][14] Walter Klassen, “New Presbyter is Old Priest Writ Large,” Concern 17, 1969, p. 5. See also W. Klassen,
J.L. Burkholder, and Jean Yoder, The
Relation of Elders to the Priesthood of Believers (Washington: Sojourner’s
Book Service, 1969).
[15][15] nombres 11:26 - 28.
[16][16] exodes 20:19.
[17][17] 1 Samuel 8:19.
[18][18] 3 Jean 9-10.
[19][19] F.W. Grant, Nicolaitanism or the Rise and
Growth of Clerisy (
[20][20] D.G. Dunn, New Testament Theology in Dialogue (Philadelphia:
Westminster Press, 1987), pp. 123, 127-129
[21][21] Dans
les écrits des premiers Pères de l'Église, les mots « berger, »
« surveillants, » et « ancien » sont toujours employés l'un
pour l'autre, de même que dans le NT. F.F. Bruce, « que le language du
nouveau Testament ne nous permette pas de faire une distinction entre le mot
grec traduit « l'évêque » (episkopos) et celui traduit
« ancien » (presbyteros) n'a pas besoin d'être discuté longuement.
Paul pouvait s’adresser aux anciens de l'Église d'Éphèse en
tant que ceux que l'esprit saint avait fait évêques. Plus tard, dans les
épîtres pastorales (celles à Timothée et à Tite), les deux termes semblent
toujours être employés l'un pour l'autre » (The
Spreading Flame, Grand Rapids: Eerdmans, 1958, p. 65). En fait, les évêques, les anciens, et les bergers (toujours dans le
pluriel) continuent à être considérés comme identiques dans les écritures de 1
Clément, du Didache, et Hermas. Ils étaient considérés comme identiques
jusqu'au début du deuxième siècle. Voyez également James
Mackinnon, Calvin and the Reformation (New
York: Russell and Russell, 1962), pp. 80-81; Everett Ferguson, Early Christians Speak: Faith and Life in
the First Three Centuries (Abilene: A.C.U. Press, Third Edition, 1999), pp. 169-
[22][22] voir le chapitre 5 de Who is Your Covering?pour des détails.
[23][23] 1 Cor.. 11:1 ; 2 Thess.
3:9 ; 1 Tim. 4:12 ; 1
[24][24] Early
Christians Speak,, P. 173.
[25][25] Spreading Flame,pp. 66-67.
[26][26] ces citations apparaissent dans les lettres
d'Ignace aux Églises d'Asie mineure. Écritures chrétiennes primitives : The
Apostolic Fathers (New
York: Dorset Press, 1968), pp. 75-123.
[27][27] Edwin Hatch, The Organization of the Early Christian
Churches (London: Longmans, Green, and Co., 1895), p. 185. p. 106; Early Christian Writings: The Apostolic
Fathers Le livre de Hatch prouve que
l'évolution progressive de l'organisation de l'Église et de divers éléments de
cette organisation ont été empruntés à la société Greco-Romaine.
[28][28] Idem.
[29][29] . Alastair Campbell, The Elders: Seniority Within Earliest
Christianity (Clark T & T, 1994) p. 229.
[30][30] The Organization of the Early
[31][31] Ibid., p. 100
[32][32] Kenneth Strand, “The Rise of the Monarchical
Episcopate,” in Three Essays on Church
History (Ann Arbor: Braun-Brumfield, 1967); Ordination: A Biblical-Historical View, p. 175.
[33][33] Christian
Priesthood Examined, p. 69; Early
Christian Writings: The Apostolic Fathers, pp. 63-72.
[34][34] The Spreading Flame, pp. 66-69; H. Richard Niebuhr and Daniel D.
Williams, ed. The Ministry in Historical
Perspectives (San Francisco: Harper and Row Publishers, 1956), pp. 23-25. Quand
Ignace écrivit ses lettres,la règle de l’évêque unique était pratiquée dans des
villes asiatiques telles qu'Éphèse, Philadelphie, Magnésie, et Smyrne.
Mais elle n'avait pas encore atteint
[35][35] Christian Priesthood Examined, p. 67; The
Spreading Flame, p. 69. J.B. Lightfoot’s The Christian Ministry is the most satisfactory explanation of the
historical evidence of how the bishop gradually developed out of the
presbytery.
[36][36] The Ministry in Historical
Perspectives, p. 25.
[37][37] S.L. Greenslade, Shepherding
the Flock, p. 8.
[38][38] Christian Priesthood Examined, p. 68.
[39][39] Edwin Hatch, The
Growth of Church Institutions (Hodder and Stoughton, 1895), p. 35.
[40][40] James F. White,
Protestant Worship and Church Architecture (New
York: Oxford University Press, 1964), pp. 65-66.
[41][41] The Early Christian Church, p. 92.. Pour une brève synthèse de la
façon dont le clergé s'est développé, voyez The Other Six Days, pp. 39-48.
[42][42] St.
Cyprian of Carthage (http://www.comeandseeicons.com/phm12.htm).
[43][43] James
Hastings Nichols, Corporate Worship in
the Reformed Tradition (Philadelphia: The Westminster Press, 1968), p. 25.
[44][44] Early
Christians Speak, P. 168. Cyprien
normalement appelait l'évêque « sacerdos », qui est latin pour
« prêtre. » Le language sacerdotale pris de l’Ancien Testament pour
définir des offices d'Église fut rapidement propagé (Ordination: A Biblical-Historical View,
p. 177; From Christ to Constantine,
p. 136). J.B. Lightfoot a écrit que « l’aspect sacerdotal du ministère est
l'un des phénomènes les plus saisissants et les plus importants dans l'histoire
de l'Église » (J.B. Lightfoot, Saint
Paul’s Epistle to the Philippians, London: Macmillian & Co, 1888, p. 144).
[45][45] Christian
Priesthood Examined,, pp 35, 95. Il n'y a aucune évidence que
quiconque ait pensé aux ministres chrétiens comme prêtres avant l'année A.D.
200. Tertullien est le premier à appliquer le terme « prêtre » aux
évêques et aux prêtres. Dans toutes ses écritures, il appelle l'évêque et les
anciens sacerdos (prêtres) et appelle l’évêque le summus sacerdos (grand
prêtre). Il fait ainsi sans aucune explication, indiquant que ses lecteurs
étaient au courant de ces titres (P. 38). Voir également Hans Von Campenhausen, Tradition and Life in the Church (Philadelphia: Fortress Press,
1968), p. 220. Cyprien est également crédité pour dire que
l'évêque est l'équivalent du grand prêtre de Ancien Testament (From Christ to Constantine, p.
136).
L'historien Eusebius appelle régulièrement le clergé « prêtres » dans
ses écritures volumineuses (Christian
Priesthood Examined, p. 61).
[46][46] ]
«Ainsi c'était l'évêque, en tant que pasteur en chef de l'Église locale,
qui en est venu à représenter la
plénitude du ministère. Il était prophète, docteur, célébrant en chef à
l'assemblée liturgique, et président du Conseil d'administration des
surveillants de la « synagogue » chrétienne » (The Ministry in Historical Perspectives,
p. 28). L’œuvre de Grégoire le grand « le livre de la règle
pastorale » écrit en A.D. 591 est une discussion sur les fonctions de
l’office de l'évêque. Pour Grégoire, l'évêque est un pasteur, et la prédication
est l'une de ses fonctions les plus importantes. Le livre de Grégoire est un
classique chrétien et est toujours employé pour former des pasteurs dans les séminaires
protestants aujourd'hui. Voir
également Philip Culbertson et Arthur Bradford Shippee, The
Pastor: Readings from the Patristic Period (Minneapolis: Fortress Press, 1990).
[47][47] Notez que les évêques étaient essentiellement
des têtes dirigeantes sur les Églises locales. Ils n'étaient pas les
surveillants diocésains comme ils sont aujourd'hui dans le catholicisme romain.
Pour une discussion sur ce développement voir Early Christians Speak, pp.
13-14.
[48][48] The Ministry in Historical
Perspectives, p. 28.
[49][49] pour une discussion complète de cette doctrine
et de sa réfutation, voir Who is
Your Covering?.
[50][50] The Other Six Days, pp. 41-42.
[51][51] Organization
of the Early Christian Churches, p. 171.
[52][52] The Ministry in Historical
Perspectives, pp. 28-29.
[53][53] Elders, p. 231; The Ministry in Historical Perspectives,
p. 29.
[54][54] J.G. Davies, The
Early Christian Church: A History of Its First Five Centuries (Grand
Rapids: Baker Books, 1965), p. 131; The
Apostolic Tradition of Hippolytus, trans.
[55][55] The Early Christian Church, p. 187. En A.D.
318, Constantin a
identifié la juridiction de l'évêque. En A.D. 333, les évêques ont été placés
sur une position égale avec les magistrats romains (P. 188).
[56][56] Hans Lietzmann, A
History of the Early Church, Volume II (New York: The World Publishing
Company, 1953), p. 247
[57][57] Selon les canons du Concile de Nicée,
Alexandrie, Rome, et Antioch avaient l'autorité spéciale sur les régions
autour d’elles ((From
Christ to Constantine, p. 95).
[58][58] Christian
Priesthood Examined, p. 72. Hanson explique comment la chute de l'empire
romain au cinquième siècle a renforcé l’office de
l'évêque (pp. 72-77).
[59][59] Ann Fremantle, ed., A Treasury of Early Christianity (Viking Press, 1953), p. 301.
[60][60] La succession apostolique apparaît d'abord dans
les écrits de Clément de Rome et d'Irenaeus. Elle apparaît également dans
Hippolite. Mais Cyprien l'a transformée en doctrine logique (Robert
M. Grant, Early Christianity and Society,
San Francisco: Harper and Row Publishers, 1977, p. 38; N. Sykes, Old Priest and New Presbyter, Cambridge,
1956, p. 240).
[61][61] G.S.M. Walker, The
Churchmanship of Cyprian, (London: Lutterworth Press, 1968), p. 38. Plusieurs
des Pères de l'Église ont pensé que l’Ancien Testament contenait une commande
normative de l'Église. L'utilisation de la terminologie de prêtre de l’Ancien
Testament pour ceux qui remplissent un office dans l'Église est devenue commune
dès le deuxième siècle (Ordination:
A Biblical-Historical View, pp. 50, 161; Christian Priesthood Examined, pp. 46, 51).
[62][62] Christian
Priesthood Examined, p. 59; Ordination:
A Biblical-Historical View, p. 39
[63][63] Christian
Priesthood Examined, p. 54.
[64][64] Ibid., p. 58. Autant dans
[65][65] ] Le mot « sacrifice » utilisé dans
un sens liturgique apparaît en premier dans
[66][66] L’idée que le prêtre offre le sacrifice du
Christ par l'eucharistie est du sacerdotalisme. Sur ces points, les remarques
de Richard Hanson frappent intensément, « ce concept sacerdotal semble
obscurcir, sinon supprimer réellement, la doctrine du sacerdoce de tous les
croyants. Il transpose le sacerdoce de tous les croyants dans le sacerdoce du
clergé » (Christian
Priesthood Examined, p. 98).
[67][67] Ibid., P. 79.
[68][68] Au troisième siècle, chaque prêtre choisissait
un évêque pour surveiller et coordonner son fonctionnement. Au quatrième
siècle, les choses sont devenues plus complexes. La surveillances des évêques
était nécessaire. Par conséquent c’étaient les archevêques et les
metropolitains qui régissaient les Églises d'une province (Will
Durant, The Age of Faith, New
York: Simon & Schuster, 1950, pp. 45, 756-760).
[69][69] Concerning
the Mysteries, 9:52,54. Dans les Églises orientales une prière est
offerte pour que l'esprit fasse la magie. Dans les Églises occidentales, la
prière a été omise, parce que les mots eux-mêmes ont fait le tour (Gregory
Dix, The Shape of the Liturgy,
London: Dacre Press, 1964, p. 240-241, 275; Josef A. Jungmann, The Mass of the Roman Rite, New York:
Benziger, 1951-55, Volume 1, p. 52).
[70][70] The
Elders, pp. 234-235. Le mot
« prêtre » est etymologiquement une contraction de
« presbytre » Par la fin de l’ancienne période anglaise, le terme
anglais « prêtre » était devenu le terme courant pour le
« presbytre » et « sacerdos » (The Oxford Dictionary of the Christian Church, Third Edition, p. 1325).
[71][71] The Organization of the Early
[72][72] Early Christians Speak, p. 172.
[73][73] Ibid., p. 172
[74][74] David Norrington donne une discussion détaillée
de la façon dont les structures hiérarchiques et les spécialistes
ecclésiastiques ont commencé à émerger dans l'Église (To Preach or Not to Preach? pp. 24-25).
[75][75] Early Christianity and Society,
p. 43.
[76][76] Christian Priesthood Examined, p. 71.
[77][77] Robert F. Evans, One
and Holy: The Church in Latin and Patristic Thought (London: Camelot Press,
1972), p. 48.
[78][78] Avant Constantin, l'évêque romain n'exerçait
aucune juridiction hormis Rome. Tandis qu'il était honoré, il n'avait pas ce
genre d'autorité ecclésiastique (Church History in Plain Language, p.
151).
Le terme « pape » vient du titre « papa, » un terme employé
pour exprimer la cure paternelle de tout évêque. Ce n’est pas avant le sixième
siècle que le terme a commencé à être employé exclusivement pour l'évêque de
Rome. Voici un bref croquis de l'origine du pape catholique : À la fin du
deuxième siècle, les évêques romains ont été attribués le grand honneur.
Stéphane I (D. 257) était le premier à employer le texte de Pierre (Mathieu
16:18) pour soutenir la prééminence de l'évêque romain. Mais ceci n'a pas été
universetellement retenu. L'apparition du pape moderne peut être retracée à Léo
le Grand (440-461). Léo était le premier à faire une réclamation théologique et
biblique pour la supériorité de l'évêque romain. Sous son règne, la supériorité de
Rome a été
finalement établie. Avec l’arrivée de Grégoire le Grand (540-604), « la
chaise papale » était prolongée et augmentée. (Par ailleurs, Grégoire est
devenu le propriétaire foncier de loin le plus important en Italie,
créant un précédent pour que les papes riches et puissants lui succèdent.) Vers le milieu du troisième siècle, l'Église romaine
avait 30.000 membres, 150 ecclésiastes, et 1500 veuves et pauvres (Justo L. Gonzalez, The Story of Christianity: Volume 1, p. 242; Philip Schaff, History of the Christian Church: Volume 4,
pp. 212, 218-219; Bruce Shelley, Church
History in Plain Language, Waco: Word Books, 1982, pp. 150-151; The Early Christian Church, pp. 135-136,
250; The Age of Faith, p. 521; Christian Priesthood Examined, p.
76ff.). Grégoire est également le premier à employer le
terme « serviteur des serviteurs de Dieu » (Philip
Schaff, History of the Christian Church:
Volume 3, Michigan: Eerdmans, 1910, p. 534; Volume 4, p. 329).
[79][79] Early Christianity and Society,
p. 43; The Early Christian Church, pp. 188-189.
[80][80] Ordination: A
Biblical-Historical View, pp.
35, 48. Les dirigeants d'Église étaient considérés comme les successeurs
des Levites (P. 168).
[81][81] A
Treasury of Early Christianity, p. 301.
[82][82] Early Christianity and Society,
pp. 11-12. « L'organisation
de l'Église s'est adaptée aux divisions politiques et géographiques de
l'empire » (History
of the Christian Church: Volume 3, p. 7).
[83][83] Ce qui s’appliquait non seulement à la
hiérarchie graduée qu'elle avait adoptée dans sa structure de direction, mais
également à la manière dont l'Église s'est divisée en gradations des diocèses,
des provinces, et des municipalités tous commandés par un système de direction
du haut vers le bas (The
Organization of the Early Christian Churches, p. 185). Comme Shelley l'a exprimé,
« comme l'Église se développait, elle a adopté, tout à fait naturellement,
la structure de l'empire » (Bruce Shelley, Church History in Plain Language, Waco: Word Books, 1982, p 152).
[84][84] The Organization of the Early
[85][85] Will Durant, Caesar to Christ (New York: Simon &
Schuster, 1950), pp. 670-671.
[86][86] D.C. Trueman, The Pageant of the Past: The Origins of
Civilization (Toronto: Ryerson, 1965), p. 105.
[87][87] Caesar
to Christ, pp. 575, 618. Durant écrit, “L’Église romaine a
marché dans les traces de l’Empire Romain” (p. 618).
[88][88] The Other Six Days, p. 44; The
Pageant of the Past, p. 311; Robin Lane Fox, Pagans and Christians (San Francisco: Harper, 1986), p. 573).
[89][89] The
[91][91] Caesar and Christ, pp. 671-672.
[92][92] Mat. 20:25 - 28 ; 23:8 - 12 ; Luc 22:25 -27.
Dans Who is Your Covering?, J'explore la signification de ces passages en détail.
[93][93] Paul a formé un certain nombre d'hommes pour prendre sa place. Parmi eux étaient Timothée, Tite, Gaius, Trophime, Tychique, etc. Voir Gene Edwards’ Overlooked Christianity (Sargent: Seedsowers, 1997) pour les détails.
[94][94] Mathieu 23:8 - 11 ; Marc 10:42 FF.
[95][95] Christian
Priesthood Examined, p. 62.
[96][96] En fait, le terme « clergé » élargi
pour inclure tous les fonctionnaires dans l'Église (The Ministry in Historical Perspectives,
p. 29). See also Norman Towar
Boggs, The Christian Saga (New York:
Macmillan Company, 1931), pp. 206-207.
[97][97] Christian Priesthood Examined, p. 62; Caesar
and Christ, pp. 656-657, 668.
[98][98] Monsignor Louis Duchesne, Early History of the Christian Church: From Its
Foundation to the End of the Fifth Century (London:
John Murray, 1912), p. 50; Paul Johnson, A
History of Christianity (New Your: Simon & Schuster, 1976), p. 77;
Robin Lane Fox, Pagans and Christians
(New York: Alfred Knopf, 1987), p. 667.
[99][99] De telles exemptions avaient été accordées à des
professions telles que des médecins et des docteurs. Dave Andrews, Christian
Anarchy (Lion Publications, 1999), p. 26.
[100][100] Father Michael Collins and Matthew A. Price, The Story of Christianity (DK
Publishing, 1999), p.74.
[101][101] A History of Christianity, p. 77. Un
siècle plus tard, Julien l'Apostat employait ces mêmes termes (cléricalisme,
ecclésiastiques) dans un sens négatif.
[102][102] Pagans and Christians, p. 667.
[103][103] Josef A. Jungmann, S.J., The Early Liturgy: To the Time of Gregory the Great (Notre Dame:
Notre Dame Press, 1959), pp. 130-131.
[104][104] Caesar
and Christ, pp. 618-619.
[105][105] The Organization of the Early
[106][106] ] Ibid., P. 163. Dans les trois premiers siècles du christianisme, des prêtres n'étaient pas requis d'être célibataire. Dans l'ouest, le Concile espagnol d'Elivra tenu en A.D. 306 était le premier à exiger du clergé d'être célibataire. Ceci a été réaffirmé par le pape Siricius en A.D. 386. Tout prêtre qui était marié ou continuait à vivre avec son épouse était défroqué. Dans l'est, les prêtres et les diacres pouvaient se marier avant l’Ordination, mais pas après. Les évêques devaient être célibataires. Grégoire le Grand a fait beaucoup pour favoriser le célibat dans le cléricalisme, que beaucoup ne suivaient pas. Le cléricalis