Ils persévéraient dans
l’enseignement des apôtres, dans la communion
fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.
Texte révisé d’après la seconde édition de 1843 et
l’édition anglaise de la même époque.
Les notes de l’éditeur sont en italique. Celles de
l’édition originale sont en caractères romains.
Lorsque ces lignes ont été écrites, en 1840, il
existait dans tous les pays de la chrétienté une Église nationale, reconnue par
l’État et émargeant au budget de l’État catholique dans les pays dits
catholiques, protestante dans les pays dits protestants. Dans certains d’entre
eux, les deux «religions» coexistaient comme religions d’État. Ce sont les
Églises protestantes de cette espèce qui sont désignées sous le nom de
«nationalisme» dans cet article. À côté de ces Églises officielles existaient
des groupements qui s’en étaient séparés à la suite de circonstances diverses
et que l’auteur désigne sous le nom de dissidence ; autant d’Églises
portant chacune un titre : Église méthodiste, Église baptiste, etc.
Plusieurs chrétiens
se sont demandé si les croyants (*) étaient
vraiment compétents pour former des Églises, d’après le modèle des Églises
primitives, et si la formation de pareilles Églises était maintenant selon la
volonté de Dieu.
(*) L’auteur a écrit
«fidèles», mais par ce terme, on doit comprendre ceux qui ont la foi,
qui croient au Seigneur Jésus, les vrais chrétiens. Il a été remplacé par
«croyants» partout où il est employé dans ce sens, d’après l’édition anglaise
où il est traduit par «believers».
On ne peut faire
autrement que reconnaître la confusion qui existe dans la chrétienté, et
certains estiment que le seul moyen de trouver la bénédiction au milieu de
cette ruine est de former et d’organiser des Églises. D’autres pensent qu’une
pareille tentative est tout à fait humaine et que, comme telle, il lui manque
la première condition d’une bénédiction durable, condition qui est une
dépendance entière de Dieu. Cependant, une telle tentative peut être bénie par
le Seigneur jusqu’à un certain point à cause de la sincérité et de la vraie
piété de ceux qui y prennent part.
Celui qui écrit ces
quelques pages, attaché par les liens les plus forts d’affection fraternelle et
d’amour en Christ à plusieurs de ceux qui appartiennent à des corps prenant le
titre d’Église de Dieu, a soigneusement évité tout conflit avec ses frères sur
ce sujet, quoiqu’il se soit souvent entretenu avec eux là-dessus. Il s’est
seulement séparé des choses qui s’y trouvaient, quand elles lui apparaissaient
contraires à
Deux choses le
contraignent à déclarer ce qui lui semble être la pensée des Écritures sur ce
sujet : un devoir envers le Seigneur (et la prospérité de son Église est
du plus grand prix), puis un devoir d’amour envers ses frères, amour qui doit
être dirigé par la fidélité au Seigneur. Il écrit parce que cette idée de faire
des Églises est le véritable obstacle à l’accomplissement du désir de tous,
savoir l’union des saints en un seul corps : premièrement, parce que ceux
qui l’ont essayé ont dépassé la puissance que l’Esprit leur donnait, et c’est
la chair qui a agi en eux ; secondement, parce que ceux qui ont été
fatigués du mal du nationalisme, pensant qu’il leur faudrait choisir entre ce
mal et ce qui se présente à leurs yeux comme des Églises dissidentes, demeurent
où ils se trouvent en désespoir de cause. Il serait, dans la conjoncture
présente, étonnant d’affirmer que ces Églises peuvent réaliser cette
union ; mais je n’insiste pas sur ce point, de peur de faire de la peine à
plusieurs. Je chercherai plutôt à mettre au premier plan les points sur
lesquels nous sommes d’accord ; ces points nous fourniront en même temps
un jugement clair sur plusieurs systèmes qui existent actuellement, systèmes
qui, s’ils ne peuvent pas produire le bien désiré par un grand nombre de
frères, laissent à leurs partisans, pour toute consolation et pour toute
justification, la pensée que d’autres ne peuvent rien réaliser de plus.
C’est le désir de nos
coeurs et ce que nous croyons être la volonté de Dieu
dans l’économie (*) présente, que tous les
enfants de Dieu soient réunis ensemble comme tels, et par conséquent en dehors
du monde. Le Seigneur «allait mourir... non pas seulement pour la nation (les
Juifs), mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés» (Jean
11:52). Ce rassemblement était donc l’objet immédiat de la mort de Christ. Le
salut des élus était aussi certain avant sa venue qu’après. L’économie juive,
qui a précédé sa venue dans le monde, avait pour objet, non pas de rassembler
l’Église sur la terre, mais de montrer le gouvernement de Dieu par le moyen
d’une nation élue. Maintenant, le but du Seigneur est de rassembler aussi bien
que de sauver, non pas seulement pour réaliser l’unité dans le ciel, où les
desseins de Dieu seront certainement accomplis, mais ici sur la terre, par un
seul Esprit envoyé du ciel. Par un seul Esprit nous sommes tous baptisés pour
être un seul corps. Cela ne saurait être nié quant à l’Église telle qu’elle nous
est présentée dans
(*) Ce terme désigne
ici le dessein de Dieu dans la période chrétienne ; plus loin, il peut
désigner aussi la chrétienté, 1’ensemble de ceux qui, à un moment donné, se
disent chrétiens, qu’ils soient véritablement croyants ou non. Cet ensemble est
alors considéré comme une entité responsable. L’auteur constate que depuis la
formation de l’Église à
Quant au
nationalisme, il est impossible de trouver trace de son existence
antérieurement à
Le nationalisme,
c’est-à-dire la division de l’Église en des corps formés de tel ou tel peuple,
est une nouveauté qui date de quatre siècles (*),
bien qu’il y ait dans ce système de chers enfants de Dieu.
(*) C’est-à-dire une
notion qui n’avait pas été mise en avant jusqu’à
Le moyen que des âmes
fidèles ont pris pour échapper à cette anomalie a été de se réfugier dans une
distinction entre une Église visible et une Église invisible ; mais je lis
dans l’Écriture : «vous êtes la lumière du monde». Quelle est la valeur d’une lumière
invisible ? «Une ville située sur une montagne ne peut être cachée» (Matt.
5:14) . Dire que la vraie Église est réduite à être
invisible, c’est juger toute la question, et affirmer que l’Église a
entièrement perdu sa position primitive (*) et nécessaire, et qu’elle est dans un
état d’apostasie, c’est-à-dire qu’elle s’est départie de l’intention de Dieu et
de la constitution qu’elle avait reçue de Lui ; car Dieu n’a pas allumé
une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le pied de lampe afin
qu’elle luise pour tous ceux qui sont dans la maison. Si elle est devenue
invisible, elle a cessé de produire l’effet pour lequel elle a été formée, elle
est apostate. Tel est d’après son propre témoignage,
l’état public du christianisme.
(*) Cette phrase
décrit ce que l’auteur appelle ailleurs dans ce texte : l’état de chute de
l’économie présente.
Nous sommes donc
d’accord que le rassemblement de tous les enfants de Dieu en un est selon
l’intention du Seigneur exprimée dans sa Parole. Mais, je le
demande en passant, peut-on croire que les Églises dissidentes, telles qu’elles
existent dans quelque pays que ce soit, aient atteint ce but ou qu’il soit
probable qu’elles l’atteindront ?
Cette vérité de
l’unité des enfants de Dieu, l’Écriture la présente réalisée en différentes
localités ; et dans chaque localité les chrétiens qui s’y trouvaient
formaient un seul corps. Les Écritures sont parfaitement claires à ce sujet. On
a soulevé des objections sur la possibilité de cette unité, mais on ne présente
rien qui soit tiré de
Ayant reconnu ces
vérités importantes, savoir
· l’union de tous les enfants de Dieu,
· l’union de tous les enfants de Dieu dans un même
endroit ;
ayant reconnu en outre qu’elles sont mises en
évidence dans
1° que c’est la
volonté de Dieu de rétablir de nouveau cette économie (*)
après qu’elle a manqué ;
2° que vous êtes
capables de le faire et envoyés pour cela. Je doute de l’une et de l’autre de
ces assertions.
(*) voir note du point 4.1 ; ici il s’agit de la
chrétienté, considérée comme entité responsable.
Je suppose un cas.
Dieu a fait l’homme innocent ; Dieu a donné à l’homme Sa loi. Chaque
chrétien confessera que le péché est un mal et qu’on ne doit pas le commettre.
Supposons que quelqu’un, convaincu de cette vérité, entreprenne d’accomplir la
loi, d’être innocent et de plaire ainsi à Dieu. Vous direz aussitôt : il
est dans sa propre justice, se fie à ses propres forces et ne comprend pas
Appliquez ceci à
l’Église. Nous reconnaissons tous que Dieu a formé des Églises ; nous
reconnaissons que les chrétiens ou, en un mot, l’Église en général, se sont
tristement éloignés de ce que Dieu avait ainsi établi, et qu’ils sont coupables
en cela. Entreprendre de tout rétablir sur ses bases primitives, c’est
peut-être un effet du même esprit qui conduit un homme à rétablir sa propre
justice quand elle est perdue.
Avant de pouvoir
accéder à vos prétentions, il est nécessaire que vous me fassiez voir non
seulement que primitivement l’Église était telle, mais en outre, que c’est la
volonté de Dieu qu’elle soit rétablie dans sa gloire primitive, aujourd’hui que
l’iniquité de l’homme a gâté tout cela et s’en est éloignée ; et de plus,
pour en venir à des faits, que l’union de deux ou trois, ou de vingt-deux ou de
vingt-trois chrétiens, a le droit dans une localité de s’appeler l’Église de
Dieu, alors que celle-ci est l’ensemble de tous les croyants. Il faut que vous
me montriez en outre, que vous avez reçu de Dieu la mission et le don de
rassembler les croyants avec une autorité telle que vous puissiez traiter ceux
qui ne répondent pas à votre appel comme des schismatiques condamnés
d’eux-mêmes et comme des étrangers à l’Église de Dieu.
Et ici, permettez-moi
d’insister sur un point très important, qui a été perdu de vue par ceux qui
veulent à tout prix faire des Églises. Ils ont été préoccupés des Églises de
manière à perdre presque de vue l’Église. Selon les Écritures, la totalité des
Églises (*) formait l’Église sur la
terre ; et l’Église d’un endroit donné n’était que l’association régulière
de ce qui formait une partie de tout le corps de l’Église, c’est-à-dire de tout
le corps de Christ ici-bas ; et celui qui n’était pas de l’Église, dans
l’endroit où il se trouvait, n’était pas du tout de l’Église de Christ ;
et celui qui dit que je ne suis pas membre de l’Église de Dieu à R..., n’a pas
le droit d’admettre que je sois du tout membre de l’Église de Dieu. Il n’y
avait point une semblable séparation d’idées entre de petites églises de Dieu
dans un endroit donné, et toute l’Église. Chacun était dans une Église, et
ainsi dans l’Église ; mais personne ne se figurait être de l’Église s’il
n’était d’une Église locale. Seul le système de faire des Églises a séparé ces
deux choses, et presque détruit l’idée de l’Église de Dieu en faisant des
Églises partielles en différents endroits (**).
(*) Ou plutôt :
des chrétiens dont les Églises sont constituées.
(**) Par une heureuse
inconséquence ceux qui font ces églises de Dieu en différentes localités
considèrent toutefois les croyants qui n’en font pas partie comme étant
pleinement de l’Église de Dieu.
Je reviens au cas de
l’homme dont il a été question plus haut. Supposons maintenant que sa
conscience soit touchée et vivifiée par l’Esprit de Dieu : quel en sera
l’effet ? Ce sera en premier lieu de lui faire reconnaître son état de
ruine provoquée par le péché, et la nullité de son innocence et de sa
justice ; en second lieu, un sentiment de dépendance entière de Dieu et de
soumission du coeur au jugement de Dieu en un pareil
état.
Appliquez cela à
l’Église et à toute l’économie. Pendant que les hommes dormaient, l’ennemi a
semé de l’ivraie (Matt. 13:25). L’Église est dans un état de ruine, plongée et
perdue dans le monde, invisible si vous voulez, tandis qu’elle devrait
présenter, comme une lampe, la lumière de Dieu. Si elle n’est pas dans un état
de ruine, je dis à nos frères dissidents : Pourquoi l’avez-vous quittée ?
Et si elle y est : Reconnaissez donc cette ruine, cette apostasie, ce
départ de son premier état. Hélas ! cela est trop
évident. Abraham peut recevoir des serviteurs, des servantes, des boeufs, des chameaux, des ânes, mais son épouse est dans la
maison de Pharaon (Gen. 12:16) .
Quel est donc l’effet
de l’opération de l’Esprit, le fruit de la foi ? C’est de reconnaître cet
état de ruine, d’en avoir conscience, d’en être humilié. Et nous, qui en sommes
coupables, nous prétendrions restaurer tout cela ? Non, ce serait une
preuve que nous n’en sommes pas humiliés. Cherchons plutôt, cherchons avec
humilité ce que Dieu nous dit dans sa Parole d’un pareil état de choses, et ne
faisons pas comme un enfant qui, après avoir brisé un vase précieux, essaierait
d’en réunir les débris et de le rétablir afin de soustraire le mal à la vue
d’autrui.
J’insiste là-dessus
auprès de ceux qui s’efforcent d’organiser des Églises. Si elles existent, ils
n’ont pas à en faire. Si, comme ils l’affirment, elles existaient au
commencement et qu’elles aient cessé d’exister, dans ce cas l’économie est dans
un état de ruine et d’apostasie de son état primitif. Ils entreprennent donc de
la rétablir ; c’est là ce qu’il faut justifier, sinon leur entreprise n’a
aucun fondement. On objectera que l’Église ne peut pas manquer, et que Dieu lui
a promis que les portes du hadès ne prévaudraient
point contre elle. J’en conviens, si l’on entend par-là que le salut des élus
est assuré, que la gloire de l’Église ressuscitée triomphera de Satan. Ce n’est
pas là ce dont il s’agit. Le salut des élus était également assuré avant qu’il
y eût une Église assemblée. D’un autre côté, si l’on veut affirmer que
l’économie actuelle ne peut pas faillir, on est dans une grande et pernicieuse
erreur. Et, s’il en est ainsi, pourquoi donc vous êtes-vous séparé de l’état où
elle se trouve ? Si l’économie de Dieu, dans le rassemblement de l’Église
ici-bas, subsiste sans avoir déchu, pourquoi faites-vous des Églises
nouvelles ? Le papisme seul est conséquent sur ce point.
Mais que dit
Ce qui est en
question, ce n’est pas de savoir s’il existait de pareilles Églises à l’époque
où
On dira que
(*)
(**) Les Lumières et
les Perfections sur le pectoral du jugement (Ex. 28:15-21, 30 ; Néh. 7:64, 65).
On me
demandera : Voulez-vous que nos bras restent inactifs et que nous soyons
réduits à ne rien faire jusqu’à ce que nous ayons des apôtres ? Nullement.
Je doute seulement qu’il soit dans la volonté de Dieu que vous fassiez ce que
les apôtres ont fait ; et je dis que Dieu a laissé aux chrétiens fidèles
des directions suffisantes pour l’état de choses dans lequel l’Église se
trouve. Suivre ses directions, c’est obéir bien plus réellement que si l’on
essaie d’imiter les apôtres.
En outre, je dis que
l’Esprit de Dieu est toujours présent pour nous fortifier dans cette voie de
véritable obéissance. L’Esprit de Dieu, qui a prévu tout ce qui arriverait à
l’Église, a donné dans
Ceux qui ont voulu
constituer des Églises paraissent, quoique avec un bon désir, avoir entièrement
oublié que nous avons besoin de puissance
aussi bien que de direction. Quand on nous dit que toutes les
directions pour les Églises sont pour tous les temps et tous les lieux, je
demande si elles sont pour des temps et des lieux où les Églises n’existent
pas. Et nous revenons toujours à cette question : Si l’économie est dans
un état de chute, qui doit faire des Églises ? Encore une fois, la
direction que l’apôtre donne sur l’usage du don des langues, est-elle pour ces
temps-ci ? Sans doute si ce don existe ; mais cette condition est
certainement une modification très importante de votre règle, et c’est le pivot
sur lequel roule la question.
Ceux qui tiennent si
fort à faire et à organiser des Églises citent les épîtres à Timothée et à
Tite, avec la plus parfaite confiance, comme servant de direction aux Églises
dans tous les âges, tandis qu’elles n’ont été adressées à aucune Église
quelconque ; il est à remarquer que les citations de
En vue de quoi ai-je
donc plaidé ? Afin qu’on ne fasse rien ? Non ; mais dans le
désir qu’on ait moins de présomption, qu’on mette plus de modestie dans ce que
nous prétendons faire, qu’on sente plus de douleur de l’état de ruine auquel
nous avons réduit l’Église.
Si vous me
dites : j’ai quitté le mal que ma conscience désapprouve et qui est
contraire à
Que doit-on donc
faire ? me direz-vous. Ce que la foi fait
toujours, c’est-à-dire reconnaître sa faiblesse et se mettre sous la dépendance
de Dieu. Dieu suffit dans tous les temps à son Église. Il est de toute
importance que notre foi tienne ferme cette vérité que, quelle que soit la
ruine de l’Église sur la terre, il y a toujours en Christ toute la grâce, la
fidélité et la puissance qu’exigent les circonstances dans lesquelles l’Église
se trouve. Il ne manque jamais. Si vous n’êtes que deux ou trois qui avez la
foi pour cela, réunissez-vous : vous trouverez Christ au milieu de vous.
Invoquez-le. Il peut susciter tout ce qui est nécessaire pour la bénédiction
des saints, et certainement Il le fera. Ce n’est pas l’orgueil et la prétention
d’être quelque chose, quand nous ne sommes rien, qui nous assurera la
bénédiction. En combien d’endroits n’a-t-on pas nui à la bénédiction des saints
en choisissant des présidents et des pasteurs ? En combien d’endroits les
saints ne se seraient-ils pas réunis avec joie en vertu de la promesse faite
par Christ à deux ou trois, s’ils n’avaient pas été effrayés par cette
prétendue nécessité d’organisation et par des accusations de désordre (comme si
l’homme était plus sage que Dieu), et si cette frayeur ne leur eût pas fait
continuer un état de choses qu’ils reconnaissaient être mauvais ? La
constitution de ces corps organisés n’empêche nullement la domination d’un seul
homme, ou la lutte entre plusieurs ; elle tend plutôt à la provoquer.
Ce dont l’Église a
tout particulièrement besoin, c’est du sentiment de sa ruine et de ce qui lui
manque. Ce sentiment la fait se réfugier vers Dieu avec confession et se
séparer de tout mal connu, reconnaître l’autorité de Christ comme de Celui qui
domine comme Fils sur sa propre maison, et l’Esprit de Dieu comme le seul
gouvernement dans l’Église. En le faisant, l’Église reconnaît aussi chacun de
ceux qu’Il envoie selon le don qu’il a reçu, et cela avec actions de grâces
envers Celui qui, par ce don, rend tel ou tel frère le serviteur de tous.
Reconnaître le monde
comme étant l’Église ou prétendre rétablir l’Église, ce sont deux choses
également condamnées par
Quand vous me
dites : Qu’y a-t-il donc à faire ? Je réponds : Pourquoi
songez-vous toujours à faire quelque chose ? Reconnaître le péché qui nous
a conduits où nous sommes, nous humilier complètement devant le Seigneur, et,
nous séparant de tout ce que nous savons être mauvais, nous appuyer sur Lui qui
est capable de faire tout ce qui est nécessaire pour notre bénédiction, sans
que nous prétendions nous-mêmes faire au-delà de ce que
Un point de la plus
grande importance, que ceux qui veulent organiser des Églises paraissent avoir
complètement oublié, c’est que la puissance
est quelque chose de réel, et que le Saint Esprit seul a la puissance de rassembler et d’édifier l’Église.
Ils paraissent croire que du moment qu’ils ont quelques passages de
Je sais que ceux qui
considèrent ces corps organisés comme l’Église de Dieu, ne voient que des
assemblées d’hommes dans toute autre réunion d’enfants de Dieu. Il y a une
réponse très simple à cet égard. Ces frères n’ont aucune promesse qui les
autorise à refaire les Églises de Dieu quand elles sont déchues ; tandis
qu’il y a la promesse positive que là où deux ou trois sont réunis au nom de
Jésus, Il est là au milieu d’eux. Ainsi il n’y a point de promesse en faveur
d’un système par lequel des hommes organisent des Églises, tandis qu’il y en a
pour le rassemblement méprisé des enfants de Dieu.
Et quel est l’effet
des prétentions de ces corps ? De dégoûter et de repousser ceux qui
comparent ces prétentions avec la réalité. Ainsi des multitudes d’âmes sont
séparées les unes des autres par les diverses vues et opinions de ceux qui les
forment, et cela empêche le résultat désiré qui est la réunion des enfants de Dieu.
En telle ou telle localité, les dons du pasteur peuvent produire beaucoup
d’effet ; ou il peut arriver que tous les chrétiens soient unis et il y
aura beaucoup de joie, mais la même chose aurait lieu quand même il n’y aurait
aucune prétention à être l’Église de Dieu.
Je termine par
quelques propositions.
1° Ce qu’il y a à
désirer, c’est le rassemblement de tous les enfants de Dieu.
2° La puissance du
Saint Esprit peut seule l’effectuer.
3° Un nombre
quelconque de croyants n’a pas besoin d’attendre que cette puissance produise
l’union de tous (pourvu qu’ils agissent dans l’esprit d’unité qui, réalisé,
unirait le corps entier de Christ), parce qu’ils ont la promesse que là où deux
ou trois sont assemblés au nom du Seigneur, Il sera au milieu d’eux ; et
deux ou trois peuvent compter sur cette promesse.
4° La nécessité de la
consécration pour l’administration de
5° Être envoyé de la
part des hommes pour prêcher l’Évangile est une chose inconnue au Nouveau
Testament.
6° Le choix des
présidents et des pasteurs par l’Église est aussi étranger au Nouveau
Testament. Choisir un président est un acte purement humain, sans autorisation
quelconque ; c’est se mêler de l’Église de Dieu de notre propre chef, sans
autorité ; acte qui fourmille de mauvaises conséquences. Choisir des
pasteurs est un empiétement dangereux sur l’autorité du Saint Esprit qui donne
à qui il veut. Malheur à celui qui ne profite pas du don que Dieu accorde à un
autre ! Quand les anciens étaient nommés, ils étaient établis ou par les
apôtres ou par ceux qui étaient envoyés de leur part aux Églises. Si l’Église
est dans un état de ruine, Dieu suffit même pour cet état de ruine ; Dieu
conduira et dirigera ses enfants s’ils marchent dans l’humilité et dans
l’obéissance, sans prétendre faire ce que Dieu ne les a pas appelés à faire.
7° C’est évidemment
le devoir d’un croyant de se séparer de toute pratique qu’il constate ne pas
être selon
Mon objet dans ces
quelques pages n’a été de démontrer ni l’état de ruine de l’Église, ni
l’impossibilité que l’économie présente soit restaurée, mais plutôt de poser
une question qui d’ordinaire est entièrement faussée par ceux qui veulent
organiser des Églises.
J’ajoute quelques
passages :
1. La parabole de
l’ivraie du champ est un jugement du Seigneur sur ce point, que le mal opéré
par Satan dans le champ où la bonne semence avait été répandue ne serait pas
détruit, mais qu’il continuerait jusqu’à la moisson. Qu’on se souvienne qu’il
n’est pas du tout question ici de la discipline parmi les enfants de Dieu, mais
du remède apporté au mal fait par Satan à l’économie elle-même, pendant que les
hommes dormaient, et du rétablissement de l’économie sur son ancienne base.
Cette question est résolue nettement et avec autorité par le Seigneur d’une
manière négative ; car Il dit que, pendant la durée de l’économie, il ne
sera pas porté remède au mal ; que la moisson, c’est-à-dire le jugement,
l’extirperait et que jusqu’alors le mal continuerait. Souvenons-nous ici que
notre séparation du mal et notre jouissance de la présence de Christ avec deux
ou trois est tout autre chose que la prétention de rétablir l’économie,
maintenant que le mal l’a envahie. L’une de ces choses est en même temps un
devoir et un privilège ; l’autre c’est de l’orgueil et le mépris des
instructions de
2. Le chapitre 11 des
Romains déjà cité déclare expressément que l’économie actuelle sera traitée
comme la précédente ; et que si elle ne persévérait pas dans la bonté de
Dieu, elle serait retranchée et non pas rétablie.
3. Le chapitre 2 de
la seconde épître aux Thessaloniciens nous déclare
que le mystère d’iniquité opérait déjà, et que lorsqu’un obstacle qui existait
alors serait ôté, le méchant serait révélé ; que le Seigneur le consumera
par le souffle de sa bouche, et l’anéantira par l’apparition de sa venue. Ainsi
le mal, qui avait commencé du temps des apôtres, devait continuer, mûrir, être
manifesté et consumé par l’avènement du Seigneur.
4. Le chapitre 3 de
la seconde épître à Timothée nous enseigne la même chose, c’est-à-dire la chute
de l’économie et non son rétablissement, et que, dans les derniers jours, des
temps fâcheux surviendraient ; que les hommes seraient égoïstes (et le
Saint Esprit ajoute : détourne-toi de telles gens) ; que les hommes
méchants et séducteurs iraient toujours en empirant, séduisant et étant séduits.
5. Jude nous montre
aussi que le mal, qui s’était déjà glissé dans l’Église, devait être l’objet du
jugement à la venue du Seigneur. Comparez les versets 4 et 14. Et cette vérité
pénible est confirmée par l’analogie de toutes les voies de Dieu avec les hommes,
savoir : que l’homme a gâté et corrompu ce que Dieu lui avait donné pour
sa bénédiction, et que Dieu n’a jamais réparé le mal, mais qu’Il a introduit
quelque chose de meilleur après avoir jugé l’iniquité. Et cette chose meilleure
a été gâtée à son tour, jusqu’à ce que la bénédiction éternelle arrive. Quand
l’économie a été une révélation faite aux pécheurs, Dieu a rassemblé un petit
résidu de fidèles parmi les infidèles, et les a transportés dans la nouvelle
bénédiction qu’Il a établie à la place de ce qui a été gâté ; par exemple
le résidu des Juifs dans l’Église, et ainsi de suite. Dans le passage de
Romains 11, le Saint Esprit nous enseigne que le Seigneur agira de la même
manière avec l’économie actuelle.
6. La même chose se
trouve dans l’Apocalypse. Aussitôt que les choses qui sont, savoir les sept
Églises, sont closes, le prophète est enlevé au ciel et ce qui suit n’est pas
une église reconnue, mais
Je n’ai donné ici que
quelques citations positives. Mais plus on étudie
Écrivez-nous