Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion  fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.

Nous contacter

Édition du 14 novembre 2007

Division par auteurs

Vie d’église

Vie de disciple

Études bibliques et infos

JUGER OU NE PAS JUGER

Compilé par Guy St-Pierre

Ne jugez pas (Matthieu 7).

"Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère" (Matthieu 7 : 1-5).

Dans le contexte du Sermon sur la Montagne. Les hypocrites prient "pour être vus des hommes" (Matthieu 6 : 5). Jésus nous ordonne : de ne pas nous mettre en colère (Matthieu 5 : 22), d'éviter la convoitise (Matthieu 5 : 28), d'aimer nos ennemis (Matthieu 5 : 44), et de ne pas aimer l'argent (Matthieu 6 : 24). Il nous fait découvrir le péché d’une nouvelle manière, différente de la Loi de Moise, de sorte que le pécheur réalise sa nature pécheresse et son besoin de l'Évangile. Jésus dit : "Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux" (Matthieu 5 : 20). Par cette déclaration, Il énonce la sainteté requise par Dieu dans une mesure complètement différente de la Loi, et déroute ainsi les scribes et les Pharisiens supposément maîtres de l'observation extérieure des commandements de la Loi. La sainteté et la justice divines de Christ révèlent la nature corrompue de notre cœur et nous placent dans l’impossibilité de toute justification personnelle en face de Dieu et nous obligent à rechercher la justice qui ne s’obtient que par la foi. Sans la parfaite justice de Christ, il nous est impossible d’entrer dans le Royaume de Dieu. La justice des pharisiens s’accomplit par la force naturelle de l’homme pour l’accomplissement de commandements divins, alors que celle de Christ puise sa source dans la reconnaissance de l’homme envers la nature même de Dieu et de ce qu’Il est. La prise de conscience de la parfaite sainteté de Dieu nous pousse à la condamnation de notre nature et à son impuissance totale à l’accomplissement de toute justice divine et par conséquent, de tout jugement de justice.

 

Que signifie donc Matthieu 7 : 1-5 ? Nous garder de comparer notre vie personnelle (notre spiritualité, nos œuvres, notre expérience, nos qualités) à celle des autres. Nous ne devons pas juger les autres en comparant leur justice à la nôtre, comme le faisaient les Pharisiens. Gardons-nous de notre propre justice et surtout d’en faire une règle pour mesurer la vie spirituelle des autres. Nous sommes pécheurs et avons tendance à minimiser ou à justifier nos propres transgressions (notre paille), mais à amplifier les faiblesses dans la vie personnelle (la poutre) des autres. Jésus nous met en garde contre cette propre justice qui est celle des Pharisiens hypocrites, qui leur fermait la porte d'entré du Royaume de Dieu. Les "pauvres en esprit" et les persécutés "hériteront le Royaume de Dieu" (Matthieu 5 : 3, 10). Ces humbles de cœur savent qu'ils ont besoin du Sauveur.

Matthieu 7 : 1-5 NE concerne en aucune façon les enseignements ou les enseignants. NON ! Nous avons affaire ici à la condamnation sans équivoque de toute justice personnelle en relation avec les autres. Nous ne devons pas juger la vie personnelle des autres, mais devons prier pour eux.

1 Jean 5:16  « Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne mène point à la mort, QU’IL PRIE, et Dieu donnera la vie à ce frère, il la donnera à ceux qui commettent un péché qui ne mène point à la mort. » Selon moi, le seul péché qui mène à la mort est l’apostasie. Cependant, la pratique continuelle d’un péché peut, par son gain en puissance et l’affaiblissement du croyant, le mener sur la voie de l’apostasie.

 

 

MATTHIEU 18

" Et si ton frère pèche contre toi, va, reprends-le, entre toi et lui seul; s’il t’écoute, tu as gagné ton frère; mais s’il ne t’écoute pas, prends avec toi encore une ou deux personnes, afin que par la bouche de deux ou de trois témoins toute parole soit établie. Et s’il ne veut pas les écouter, dis-le à l’assemblée; et s’il ne veut pas écouter l’assemblée non plus, qu’il te soit comme un homme des nations et comme un publicain." (Matthieu 18 : 15-17). Version Darby

Ce chapitre 18 explique comment on doit veiller sur les frères et les garder de la perdition. Si cette procédure, qui a pour but de convaincre le frère plutôt que de le condamner, n'aboutit pas à la repentance du pécheur, il doit être considéré comme un pécheur perdu, comme un païen et un publicain (avec qui les juifs n’avaient aucune relation). Tout frère authentique soumis à ce processus cherchera normalement la repentance et la restauration. Ceux qui revendiquent le droit de leur vie privée en vous accusant de pécher contre eux parce que vous les jugez, démontrent qu’il n’y a pas eu de régénération. Ils ne sont pas des brebis égarées, mais des pécheurs perdus !

Aussi, le chapitre 18, remarquez le « contre toi » et le « te », nous fait comprendre le principe de la liberté de conscience du Royaume de Dieu. Ni Dieu, ni le Saint-Esprit, ni les frères ne peuvent nous forcer à accepter une notion quelconque sans une profonde conviction. Romains 14:23  Mais celui qui a des doutes au sujet de ce qu’il mange est condamné, parce qu’il n’agit pas par conviction. TOUT ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché.

Ainsi, même si le frère qui a péché contre moi est toujours en communion avec d’autres frères, je ne puis que les respecter pour cela, ils agissent selon leur conscience respective, même si pour moi ce frère est devenu pour moi un « publicain ». Peut-être que par ce processus le Seigneur guidera-t-Il ce frère à une réelle repentance, et si c’est le cas, le frère en question viendra sûrement me voir pour confesser son péché et pour rétablir la communion avec moi. « Jacques 5:20  qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. »

Le texte de Mat. 18 :17 précise : « qu’il soit POUR TOI un … » Pour moi d’abord, il n’est pas un frère et Dieu seul sait ce qu’il est véritablement. C’est la responsabilité et non l’obligation de chacun des autres membres du Corps de faire ainsi.  Cependant il faut remarquer que, avant MA décision finale, le cas a été présenté devant toute l’Église, ce qui laisse supposer que tous en sont finalement arrivés à cette même conclusion. L’action de « délier » ou d’exclure de la communion un tel frère de l’assemblée NE REQUIERT PAS le consensus général, mais est le résultat de l’intervention de l’Esprit Saint par l’entremise de deux frères au début, suivi d’un témoignage devant l’église entière en obéissance à la Tête.

Matthieu 18:18  Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.19  Je vous dis encore que, si DEUX d’entre vous s‘accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.

N’oublions jamais que le Saint-Esprit a la puissance de corriger et même d’imputer des jugements sur des saints qui pêchent contre les membres du Corps et par le fait même contre le Corps entier. 1 Corinthiens 11:30  C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts.

Pierre fût le premier à constater cette réaction de Dieu avec le cas d’Ananias et Saphira. Nous n’avons pas tous les détails, cependant nous voyons clairement que cet événement s’est déroulé au milieu de l’assemblée au vu et au su de tous. Par cet incident, le Saint-Esprit a voulu créer un précédent et un exemple clair.

 

 « Suis-je le gardien de mon frère? »

Genèse 4:9  L’Eternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; SUIS-JE LE GARDIEN DE MON FRÈRE?

Quelle triste histoire ! Nous avons dans l’histoire de Caïn et Abel le principe qui détermine les justes et les injustes, la descendance spirituelle des fils de Dieu et des fils du diable. À l’instar de Christ, l’agneau de Dieu, Abel n’a généré aucun descendant dans la race humaine; alors qu’on peut lire celle de Caïn dans la Genèse. Qu’est-ce qui fait que la dévotion d’un homme est agréable à Dieu ou non et qui le « justifie » ? L’Éternel porta un regard favorable sur Abel ET sur son offrande;

La justification d’Abel réside dans le fait de sa prise de conscience qu’il ne pouvait offrir à Dieu, le Créateur de toutes choses, le fruit de sa nature déchue, son œuvre personnelle. Il reconnaît ainsi que Dieu est saint et que tout ce qu’Il désire est la reconnaissance de sa sainteté. Abel se plie à cette volonté en offrant un agneau premier-né. Par cette offrande, Abel prend le risque énorme que ce premier-né soit aussi le dernier-né! Qui lui dit qu’il y en aura un autre ? S’il n’en naît pas d’autre, c’est la famine et la mort ! Cette offrande du premier-né demande donc une foi et une confiance en Dieu inébranlable que « Dieu pourvoira » et qu’il mérite le don de tout ce qu’on possède et de tout ce qu’on est, y compris notre propre vie sur le bûcher purificateur (la Croix). Le juste se reconnaît par sa générosité envers Dieu et son semblable. L’offrande d’Abel exclut toute forme d’orgueil, il ne fait que rendre à Dieu ce qui Lui appartient déjà. Tout vient de Dieu et tout retourne à Dieu!

Romains 12:1  Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.

Caïn est fils du diable.

Genèse 4:5  Mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu.

La jalousie prend sa source dans l’orgueil. Caïn a le même Dieu que celui d’Abel et connaît le principe de l’offrande sur l’autel par le feu. En principe, ils ont la même religion, le même Dieu leur parle et leur communique sa volonté !

Et l’Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu?7  Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui.

Nous trouvons en Caïn le type de l’homme religieux, de principe, de système, de loi et de commandements pour une justification personnelle. En somme, le parfait pharisien, fier de ce qu’il accomplit pour se justifier devant Dieu ! Il n’aime pas Dieu, mais plutôt ce qu’il fait pour Lui. C’est le principe du faux frère! Ils sont les premiers à jeter la première pierre contre celui qui ne se conforme pas à leur vision religieuse, sans l’amour de Dieu ! Oh ! Ils vous adressent la parole :

Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel;

Mais c’est pour mieux vous tuer, vous crucifier. Vous les déranger avec votre amour inconditionnel pour Dieu et sa Parole ! Qu’as-tu qu’ils n’ont pas ? Ils sont tellement bien organisés ! Ils jugent de toutes choses d’après leurs règles bien établies qui ont fait leurs preuves dans le passé, ils ont l’expérience ! Les descendants spirituels de Caïn sont les Pharisiens, « votre père c’est le diable » qui tuèrent leur FRÈRE  au Nom de Dieu ! Ils sont l’ivraie mélangée au blé, la mesure de levain mélangé à la pâte, les vieilles outres, les vases à déshonneur, les faux ouvriers, les écueils dans vos agapes.  Ceux qui mettent la lampe sous le boisseau et le sel qui perd sa saveur par les compromis à la volonté de Dieu qu’ils acceptent au nom de l’amour et de la religion. Par des paroles flatteuses et de vains discours, ils usurpent la Souverainetéde Christ en tirant leur gloire les uns des autres par des titres pompeux ( pape, évêque, pasteur, révérend, apôtre, prophète, évangéliste, docteur, et en revendiquant des fonctions et des honneurs qui ne reviennent qu’à Christ !

2 Corinthiens 10:18  Car ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, c’est celui que le Seigneur recommande.

Matthieu 7:16  Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ?

11  Car ce qui vous a été annoncé et ce que vous avez entendu dès le commencement, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres, 12  et ne pas ressembler à Caïn, qui était du malin, et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il? Parce que ses œuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes. 13  Ne vous étonnez pas, frères, si le monde (et ceux qui sont du monde) vous hait.

Cependant, il n’en est pas de même avec les scandales.

Un frère est un frère tant et aussi longtemps qu’il n’ en fait pas la preuve du contraire.

1 Corinthiens 5:11  Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, SE NOMMANT FRÈRE, est débauché, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. 12  Qu’ai-je, en effet, à juger ceux du dehors?

Les offenses qui doivent être jugées sous la nouvelle alliance, correspondent aux offenses qui, sous l’ancienne alliance étaient passibles du jugement de mort.

N’est-ce pas ceux du dedans que vous AVEZ À JUGER ? 13  Pour ceux du dehors, Dieu les juge. OTEZ le méchant du milieu de vous !

4  Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus.

 

Des loups dans la bergerie!

D’après ce qu’on vient de voir, il y a de faux frères parmi nous.

Qui sont-ils? Les descendants SPIRITUELS de Caïn.

Que font-ils? Ils pratiquent la religion chrétienne dans la forme la plus fidèle que possible, même à un modèle tout à fait scripturaire. Ils aiment leur modèle plus que le Seigneur! Jude 1:11  Malheur à eux! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Koré.

Que veulent-ils? Attirer les disciples après eux plutôt que de les diriger vers la Souveraineté de Christ.

 

"Ne jugez de rien avant le temps" (1 Corinthiens 4).

Paul met en garde les Corinthiens sur la manière de juger :

"C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due" (1 Corinthiens 4 : 5).

Ce passage indique que nous ne connaîtrons certaines choses que lorsque le jugement de Dieu se manifestera, à une certaine époque encore à venir. L'une de ces choses, mentionnée dans ce passage, concerne les "desseins des cœurs," ou encore les motivations secrètes des hommes. Nous devons donc éviter de juger ce que nous ne connaissons pas. Les motivations secrètes des gens nous sont souvent cachées. En revanche, ce qui n'est pas caché, ce sont leurs enseignements et leurs faits publics.

Considérez ce que Paul écrit aux Philippiens :

"Quelques-uns, il est vrai, prêchent Christ par envie et par esprit de dispute ; mais d'autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes. Ceux-ci agissent par amour, sachant que je suis établi pour la défense de l'Évangile, tandis que ceux-là, animés d'un esprit de dispute, annoncent Christ par des motifs qui ne sont pas purs et avec la pensée de me susciter quelque tribulation dans mes liens. Qu'importe ? De toute manière, que ce soit pour l'apparence, que ce soit sincèrement, Christ n'est pas moins annoncé : je m'en réjouis, et je m'en réjouirai encore" (Philippiens 1 : 15-18).

Il ne nous est pas dit clairement comment Paul a pu connaître les motivations de ces personnes. Car ils prêchaient bien le véritable Évangile, et Paul s'en réjouit. Mais les choses sont très différentes quand il parle de ceux qui annoncent un faux Évangile :

"Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème ! Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème !" (Galates 1 : 8-9).

On peut raisonnablement penser qu'un ange du ciel est un être rempli de bonnes intentions. Mais un faux Évangile est quelque chose de "condamnable" et doit donc être rejeté, de toute manière. Il existe beaucoup de personnes remplies de bonnes intentions, mais qui annoncent un faux Évangile. Elles sont sous la malédiction !

Les Corinthiens étaient repris par Paul, car ils exerçaient un jugement sur des choses qui leur étaient en fait inconnues.

"C'est à cause de vous, frères, que j'ai fait de ces choses une application à ma personne et à celle d'Apollos, afin que vous appreniez en nos personnes à ne pas aller au delà de ce qui est écrit, et que nul de vous ne conçoive de l'orgueil en faveur de l'un contre l'autre. Car qui est-ce qui te distingue ? Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu ?" (1 Corinthiens 4 : 6-7).

Paul leur dit la même chose au chapitre 1 : les Corinthiens avaient l'habitude de juger pour savoir qui était le plus grand et le meilleur, en se rangeant derrière diverses personnalités. Paul leur demande de ne plus faire cela. Personne ne sait qui est réellement supérieur sur le plan spirituel. Cela ne sera connu qu'au jugement futur de Dieu. Mais ce qui peut être connu, c'est "ce qui est écrit." Il existe un critère objectif pour juger un enseignement, alors que ce critère n'existe pas quand il s'agit de juger les motivations des cœurs ou la supériorité relative d'une personne.

Jusqu'ici, nous avons donc constaté l'existence d'un thème cohérent : il nous est interdit de juger les motivations secrètes, ainsi que le degré de spiritualité des autres Chrétiens. Mais nous devons juger ce qui est enseigné, pour savoir si cela concorde avec le véritable Évangile, et avec ce qui est contenu dans les Écritures.

Il existe aussi une autre manière de juger les enseignements. Mais la plupart des Chrétiens se méprennent à son sujet. Il s'agit de ce que Jésus nous dit dans Matthieu 7, quand Il parle de juger par les fruits.

"Vous les reconnaîtrez à leurs fruits" (Matthieu 7).

On connaît bien ces paroles de Jésus, qui sont souvent citées. Ce qui est étonnant, cependant, c'est que les gens, la plupart du temps, interprètent cette phrase d'une manière qui n'a plus rien à voir avec le problème soulevé par Jésus dans ce passage. Ils considèrent que les "fruits" sont des qualités de leur caractère, leur popularité, ou les signes surnaturels qui accompagnent leur ministère. Je vais donc étudier chacun de ces points de vue, avant de montrer ce que Jésus a vraiment voulu dire.

Examinons ce passage, où Jésus nous met en garde contre les faux prophètes :

"Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits" (Matthieu 7 : 15-17).

Tout d'abord, les fruits ne sont pas les traits de la personnalité. Extérieurement, les faux prophètes ressemblent aux vraies brebis. Ce sont souvent des gens charmants, aimables, patients, désarmants, affables, captivants, et qui possèdent bien d'autres qualités merveilleuses. Ceux qui sont séduits par les faux prophètes sont égarés par cette fausse idée que les "fruits" dont parle Jésus sont ces qualités de la personnalité. Ils ne comprennent pas que le Dalaï Lama, par exemple, possède ces qualités, et qu'il n'est certainement pas un Chrétien ! Le fait d'avoir une apparence charmante, c'est ce qui constitue justement les "vêtements de brebis."

Les fruits ne sont pas non plus le nombre des sympathisants. Beaucoup prétendent que la popularité est le signe d'un bon fruit. Mais le contexte nous montre quelque chose de très différent :

"Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent" (Matthieu 7 : 13-14).

Les faux conducteurs spirituels d'Israël avaient plus de partisans que Jésus. Leur popularité n'était donc certainement pas ce que Jésus appelait "leurs fruits."

Enfin, les signes et les miracles ne sont pas les fruits dont parle Jésus. Là encore, nous devons nous rapporter au contexte :

"C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité" (Matthieu 7 : 20-23).

Ceux qui appellent Jésus "Seigneur" viennent en Son Nom et accomplissent des signes et des prodiges de puissance. Mais ils sont des faux prophètes, s'ils refusent de demeurer dans les limites fixées par Dieu. C'est un concept important, car il concerne la rébellion des faux prophètes, leur dérèglement spirituel et leur résistance fondamentale, par rapport à la Parole de Dieu.

Les limites fixées par Dieu nous sont rappelées par les porte-parole qu'Il a établis. Pour nous, il s'agit des enseignements de Christ et de Ses apôtres. (Voir Hébreux 1 : 1-2 1  Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils; il l’a établi héritier de toutes choses; par lui il a aussi créé l’univers. 2 : 3  comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut? Le salut annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu,4  Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté.). Jésus était le Prophète annoncé par Moïse, et que nous devons écouter (Deutéronome 18 : 15 ; Marc 9 : 2-7 ; Jean 5 46-47, 46  Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit à mon sujet.47  Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles? etc…).

L'épître aux Hébreux contient cet avertissement :

"Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins ; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ?" (Hébreux 10 : 28-29).

La rébellion spirituelle ne tient pas compte des termes de l'alliance divine. Jésus nous a révélé les termes et les limites de la foi et des pratiques que nous devons respecter sous la Nouvelle Alliance, comme les termes et les limites de la foi et des pratiques que les Israélites devaient respecter, sous la Loi de Moïse. Jean nous met aussi en garde dans sa seconde épître :

"Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres." (2 Jean 9-11.

Quand nous comprenons les paroles de Jésus de cette manière, les faux prophètes sont ceux qui enseignent et pratiquent la rébellion spirituelle. Ils ne sont pas demeurés dans les limites des enseignements du Nouveau Testament. Nous pouvons le voir quand nous poursuivons la lecture de ce passage de Matthieu 7 :

"C'est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande" (Matthieu 7 : 24-27).

Les rebelles spirituels ne demeurent pas dans les enseignements de Christ. Ce sont eux les faux prophètes. Les fruits par lesquels ils se font connaître sont d'abord leurs enseignements, et non les traits de leur personnalité, ni le nombre de leurs partisans, ni leurs miracles.

Afin de souligner combien il est important de juger les enseignements, nous examinerons le discours adressé par Paul aux anciens d'Éphèse. Nous verrons que la tâche essentielle des pasteurs et des anciens est la préservation du troupeau de Dieu.

 

Anciens de l'Église et loups ravisseurs.

Dans Actes 20, Paul parle aux anciens d'Éphèse, et leur rappelle les devoirs des conducteurs de l'Église : proclamer la vérité et garder le troupeau des loups ravisseurs. Tout d'abord, Paul leur rappelle sa propre conduite, quand il était à Éphèse :

"Vous savez que je n'ai rien caché de ce qui vous était utile, et que je n'ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons, annonçant aux Juifs et aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ" (Actes 20 : 20-21).

Prêcher la repentance et la foi constitue un thème important chez Luc, aussi bien dans son Évangile que dans les Actes (Luc 24 : 47 ; Actes 2 : 38, Actes 17 : 30-31, Actes 26 : 17-20 en particulier). Suite à la prédication de Paul, une église fut formée à Éphèse. Des anciens furent nommés, et ils furent convoqués par Paul alors qu'il se rendait à Jérusalem. Ce qu'il leur dit nous révèle ce qui est vraiment important pour toutes les églises.

"Et maintenant voici, je sais que vous ne verrez plus mon visage, vous tous au milieu desquels j'ai passé en prêchant le royaume de Dieu. C'est pourquoi je vous déclare aujourd'hui que je suis pur du sang de vous tous, car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher" (Actes 20 : 25-27).

Notez tout d'abord que la prédication de Paul était celle du "Royaume de Dieu." Il définit ce qu'il entend par là au verset 21 : "annonçant aux Juifs et aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ." Le "message du Royaume" n'était pas ce que l'on peut entendre aujourd'hui, par exemple l'Évangile social. Mais il s'agissait de l'Évangile de la repentance et de la foi en Jésus (voir Marc 1 : 14-15). C'est en respectant ces termes que l'on entre dans le Royaume de Dieu.

Ensuite, notez que Paul se proclame innocent du sang de ses auditeurs. Cela signifie que s'il n'avait pas proclamé la repentance et la foi en Jésus, ainsi que "tout le conseil de Dieu," c'est-à-dire tout ce que Dieu lui avait révélé de Ses plans, Paul aurait mis en péril l'âme des Éphésiens, il aurait échoué dans sa mission sacrée, et il aurait été coupable de ne pas les avertir du jugement à venir (voir Ézéchiel 33 :6).

Cette même responsabilité s'applique donc à tous les pasteurs et conducteurs actuels de l'Église. C'est quelque chose de capital, car le troupeau de Dieu doit être équipé pour résister aux assauts des innombrables loups ravisseurs qui se lèvent ou vont se lever.

Paul avertit les conducteurs de l'Église de la venue de ces loups ravisseurs :

"Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit (et non une école biblique quelconque) vous a établis évêques, pour paître l'Église du Seigneur, qu'il s'est acquise par son propre sang. Je sais qu'il s'introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau, et qu'il s'élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n'ai cessé nuit et jour d'exhorter avec larmes chacun de vous" (Actes 20 : 28-31).

Il est important de réaliser que ces loups proviendront de deux sources : de l'extérieur, et de l'intérieur de l'Église. Les loups sont toujours ennemis du bien-être des brebis ! Il est de la responsabilité des bergers de s'assurer que leurs brebis sont bien protégées des loups. Pour cela, il faut identifier les loups. On pourra les identifier par leurs enseignements. Paul dit que ces loups cruels enseigneront des "choses pernicieuses." "Pernicieux" signifie aussi "déformé, faussé." Leurs enseignements sont une déformation des véritables enseignements de Christ et de Ses apôtres. Un loup est donc celui qui, délibérément, donne des enseignements déformés ou faussés, et qui refuse de s'en repentir quand on lui démontre ses erreurs par les Écritures. Les anciens doivent mettre en garde les brebis contre de telles personnes.

Qu'est-ce qui se produit quand ces loups enseignent ? Ils "entraînent les disciples après eux." Les faux prophètes et les faux docteurs donnent un enseignement qui provient d'eux-mêmes. Ils ne donnent pas "TOUT le conseil de Dieu." Ces loups attirent les disciples après eux, parce qu'ils sont la seule source de leur enseignement. Quand l'Église proclame les termes véritables de l'Alliance et tout le conseil de Dieu, les doctrines "pernicieuses" annoncées par les loups ne seront pas acceptées par les pasteurs et les anciens fidèles. Les doctrines pernicieuses ne seront jamais confirmées par l'autorité des Écritures. Par conséquent, si les loups réussissent à donner à certaines brebis de l'appétit pour ce qu'ils leur offrent, ces brebis devront continuer à suivre ces loups, pour assouvir leur appétit. Comme ces enseignements ne viennent pas de Dieu, ces brebis sont peu à peu séparées du véritable troupeau. Elles courent un grand danger spirituel, et risquent même de tomber dans la perdition.

Il s'agit d'une situation très sérieuse. Dans Jean 10, Jésus utilise aussi l'image du troupeau pour montrer que les voleurs n'entrent pas dans la bergerie par la vraie porte :

"En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand" (Jean 10 : 1). Jésus est la Porte des brebis (Jean 10 : 7). Jésus est monté au Ciel. Ses enseignements, tels qu'ils nous sont donnés dans le Nouveau Testament, tracent les limites que ne doivent pas franchir les brebis. Les anciens de l'Église sont responsables de faire observer les véritables paroles de Christ et de Ses apôtres. Ils sont aussi responsables d'identifier les voleurs qui ne demeurent pas dans les enseignements de Christ. Les faux docteurs refusent de faire cela :

"Mais le mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse. Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis" (Jean 10 : 12-13).

Jésus est le véritable Berger. Le mot "pasteur" est associé à l'idée de "berger." Tous les bergers travaillant avec le véritable Berger doivent nourrir les brebis des pures paroles de Dieu, et les garder des paroles pernicieuses. Tous ceux qui refusent de faire cela ne sont que des mercenaires.

Les avertissements de Paul se sont réalisés.

Timothée devint l'un des principaux dirigeants de l'Église d'Éphèse, dont les anciens avaient été avertis par Paul, concernant les loups. Les avertissements de Paul se sont réalisés. Nous voyons, dans les épîtres à Timothée, que des faux docteurs se sont effectivement levés. Certains d'entre eux faisaient sans doute partie des anciens. C'est pour cela que Paul exhorte Timothée à corriger les erreurs et à défendre les critères de la saine doctrine. C'est aussi pour cela qu'il définit les qualifications des véritables anciens.

Paul a même indiqué qui étaient ces faux docteurs, en citant leurs noms à Timothée : "Le commandement que je t'adresse, Timothée, mon enfant, selon les prophéties faites précédemment à ton sujet, c'est que, d'après elles, tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience, quelques-uns l'ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. De ce nombre sont Hyménée et Alexandre, que j'ai livrés à Satan, afin qu'ils apprennent à ne pas blasphémer" (1 Timothée 1 : 18-20).

Pourquoi faut-il reprendre publiquement les faux docteurs ? Parce que leur enseignement est public ! Il n'est pas nécessaire de rechercher deux ou trois témoins, ou d'organiser une réunion privée, pour déterminer si un enseignement public est biblique ou non. Tous ceux qui ont entendu ces enseignements savent ce que leurs auteurs croient et enseignent. Le problème est de savoir si leur enseignement est biblique. Les faux enseignements nuisent à l'Église, et ne peuvent être tolérés. Paul dit que ce sont des gens qui "ont fait naufrage par rapport à la foi." L'emploi de l'article défini indique que c'est le contenu de leur enseignement qui était faux. Il n'était pas conforme à "la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 1 : 3).

Paul, après avoir défini les qualifications des anciens, rappelle à Timothée quel est le rôle crucial de l'Église : "Je t'écris ces choses, avec l'espérance d'aller bientôt vers toi, mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant, la colonne et l'appui de la vérité" (1 Timothée 3 : 15). Les anciens et les pasteurs qui méprisent la saine doctrine ne peuvent pas être tolérés. Quand ils enseignent des fausses doctrines, leur conduite est inacceptable. Car ils sont responsables de faire en sorte que l'Église soit "la colonne et l'appui de la vérité."

Paul prophétise que, dans les derniers jours, beaucoup de gens "abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons" (1 Timothée 4 : 1). Paul exhorte Timothée à instruire l'Église concernant cette question si importante, pour la mettre en garde contre les faux enseignements et pour promouvoir la vérité : "En exposant ces choses aux frères, tu seras un bon ministre de Jésus-Christ, nourri des paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as exactement suivie" (1 Timothée 4 : 6). Aujourd'hui, beaucoup méprisent même le mot "doctrine" et accusent ceux qui croient qu'il est important de corriger les fausses doctrines, et de recevoir la vraie doctrine, d'être poussés par des mauvaises motivations. Ce n'est pas du tout ce que Paul dit à Timothée : "Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t'écoutent" (1 Timothée 4 : 16). Ce que l'on enseigne produit des conséquences, des conséquences éternelles. Si l'on permet à des faux enseignements de pénétrer dans l'Église, c'est le salut des âmes qui est en jeu.

Le devoir essentiel des anciens et des pasteurs a toujours été de protéger le troupeau des faux enseignements, et de nourrir ce troupeau en lui dispensant la saine doctrine. Mais, dans ces derniers jours, la bataille s'intensifie. Nous vivons à une époque de séduction et d'apostasie. Ainsi donc, plus que jamais auparavant, nous devons nous opposer publiquement aux faux enseignements, et ne pas permettre qu'ils pénètrent dans l'Église. Paul nous donne cet avertissement, qui est aussi une prophétie :

"Je t'en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas LA SAINE DOCTRINE ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de LA VÉRITÉ, et se tourneront vers les fables" (2 Timothée 4 : 1-4).

Si on en croit ce texte de Paul, la « saine doctrine » = « la vérité »!

Si les gens ne veulent pas entendre la saine doctrine, à cause de la séduction de la fin des temps, prêchez-leur quand même la saine doctrine ! Ce sont les anciens qui doivent démontrer la capacité et la volonté de le faire, car ils doivent être "attachés à LA VRAIE PAROLE telle qu'elle a été enseignée, afin d'être capable d'exhorter selon la SAINE DOCTRINE et de RÉFUTER les contradicteurs" (Tite 1 : 9).

Les devoirs des pasteurs et des anciens sont très clairs dans Actes 20 et les épîtres pastorales. Ils doivent enseigner la vraie doctrine, corriger la fausse doctrine, et protéger le troupeau contre les loups. Hélas, ceux qui le font sont souvent accusés de causer des divisions, ou de pécher parce qu'ils ont "jugé," parce que "Jésus nous demande de ne pas juger." Ils se trompent de problème. Nous ne devons pas juger les motivations des cœurs, ni chercher à savoir si l'un est plus juste que l'autre. Mais nous devons juger les enseignements publics.

Paul a repris Pierre publiquement.

Dans Galates 2, Paul raconte de quelle manière il a dû reprendre Pierre publiquement :

"Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens ; et, quand elles furent venues, il s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie. Voyant qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous : Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser ?" (Galates 2 : 11-14).

Paul a repris publiquement Pierre, parce que ce dernier ne marchait pas publiquement selon les convictions qu'il défendait en privé. Paul a défini le comportement de Pierre et de ceux qui l'ont suivi, de la manière suivante : "ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile." Le comportement de Pierre voulait dire que les Gentils convertis à Christ étaient toujours "impurs," tant qu'ils ne se soumettaient pas aux lois juives sur la nourriture. C'était en contradiction complète avec ce qui avait été décidé lors du concile de Jérusalem, dans Actes 15. On avait alors décidé qu'il ne fallait pas exiger des Gentils qu'ils suivent la Loi de Moïse.

L'ironie de cette situation, c'est que c'est Pierre lui-même qui avait parlé pour convaincre l'Église qu'il n'était pas juste d'imposer la Loi aux Gentils :

"Une grande discussion s'étant engagée, Pierre se leva, et leur dit : Hommes frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous ; il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, de la même manière qu'eux" (Actes 15 : 7-11).

Paul savait que Pierre et lui croyaient en la même chose ; ils étaient tous deux d'accord sur la décision du concile. Il n'y avait aucune raison d'aller trouver Pierre en privé pour le corriger. Paul a traité immédiatement ce problème en public, "en présence de tous." Le comportement public de Pierre était un reniement de sa confession privée. Être "droit selon la vérité de l'Évangile" signifie qu'il doit y avoir un accord entre nos convictions personnelles d'une part, et notre prédication et notre comportement publics d'autre part. Tout manque d'accord dans ce domaine est appelé "HYPOCRISIE" par le Nouveau Testament.

Voici ce qui se passe souvent quand un enseignant proclame des fausses doctrines : quand on le reprend à ce sujet, il nous présente une confession de foi qui est orthodoxe. Pourtant, ce qu'il enseigne publiquement est dommageable pour ceux qui l'entendent. Même s'il prétend avoir une confession de foi orthodoxe, ce sont les faux enseignements qu'il donne en public qui ont besoin d'être publiquement contestés.

Ce que nous pouvons, et ce que nous ne pouvons pas juger.

Nous avons vu que nous ne devons pas juger les motivations. Nous ne devons pas non plus juger les degrés relatifs de piété personnelle. Ces deux facteurs ont en commun le fait qu'il s'agit de choses inconnues. Les motivations sont cachées. Dieu seul sait ce qu'il y a dans les cœurs. Nous ne savons pas qui est plus juste ou plus pieux que les autres.

Nous ne devons pas accuser quelqu'un de péché, sans le témoignage de deux ou trois personnes. Le fait de devoir présenter deux ou trois témoins empêche l'accusateur de produire des faux témoins contre un frère, pour le mettre injustement sous discipline. Mais s'il y a des témoins, les faits sont donc considérés comme avérés, et l'on peut prononcer un jugement. Dans tous les cas, on doit garder l'espoir d'une repentance et d'une restauration de celui qui a péché. Paul a écrit : "Je vais chez vous pour la troisième fois. Toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de trois témoins" (2 Corinthiens 13 : 1). Comme le précise le verset 2 de ce passage, il s'agissait de "ceux qui avaient péché."

Il y a encore un jugement que l'on ne doit pas faire. Selon Romains 14, nous ne devons pas juger des choses qui sont des questions de conscience personnelle, et pour lesquelles il n'y a aucun commandement universel. Voici ce que Paul a écrit :

"Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions. Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l'a accueilli. Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d'autrui ? S'il se tient debout, ou s'il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l'affermir" (Romains 14 : 1-4).

Plus loin, dans ce même chapitre, Paul demande de ne pas juger nos frères, pour des questions qui entrent dans le domaine de la liberté chrétienne : la nourriture ou l'observation de certains jours (Romains 14 : 4-10). Il ne serait pas juste d'excommunier un frère plus faible dans sa foi, parce qu'il fait preuve de scrupules de conscience dans des domaines où la Bible nous laisse légitimement notre liberté. Mais si ce frère plus faible exigeait que tous se plient à ses propres scrupules, comme une condition nécessaire de leur communion fraternelle, il se comporterait alors avec un légalisme illégitime. Il faudrait lui résister et même, s'il ne voulait pas se repentir de son attitude, l'exclure de la communion fraternelle.

Ceux qui font preuve de légalisme illégitime prétendent que les autres pèchent, alors qu'ils ne pèchent pas. C'est cela qui n'est pas juste. Cela revient à se substituer à Dieu dans la définition de Sa Loi. Juger de cette manière revient à décréter que telle personne a péché, alors qu'on n'en sait rien.

Toutefois, nous pouvons juger ce qui est vrai ou faux, juste ou impie, en fonction de ce qui nous est révélé dans les Écritures. Nous pouvons ET DEVONS juger les enseignements donnés en public, pour proclamer s'ils sont vrais ou faux. Dans ce cas, nous devons les réfuter publiquement. Paul l'a fait. Paul a dit à Timothée de le faire. Paul a donné aux anciens la responsabilité de le faire. L'Église doit être mise en garde contre les loups quand ils se présentent, qu'ils viennent de l'intérieur de l'Église ou de l'extérieur. De même, nous devons juger les prophéties, en utilisant les critères objectifs de la Bible (1 Corinthiens 14 : 29 29  Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent; et 1 Thessaloniciens 5 : 2121  Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon;).

Le critère d'action important est le suivant : nous pouvons, et devons juger, en fonction de ce que nous connaissons objectivement ; mais nous ne devons pas juger, quand il s'agit de ce que nous n'avons pas constaté objectivement. Quand vous avez à prononcer un jugement, posez-vous donc la question suivante : "Puis-je être certain que cela est vrai ?" Si la réponse est négative, nous ne pouvons pas juger. Mais si la réponse est positive, et si le problème touche au péché ou à la doctrine biblique, non seulement nous pouvons juger, mais nous devons juger. Les enseignements donnés publiquement entrent dans cette catégorie.

Conclusion.

Trop souvent, les gens disent à tort que, dès qu'un auteur a publié un livre, ou qu'un prédicateur a prononcé un sermon, personne n'a le droit de juger le contenu de ces enseignements, sans en avoir d'abord demandé la permission à l'auteur ou au prédicateur. Paul n'a pas demandé à Pierre la permission de le reprendre publiquement. Il n'a pas non plus demandé à Hyménée et à Alexandre la permission de les reprendre pour les fausses doctrines qu'ils enseignaient. On se trompe donc de problème, quand on laisse les faux docteurs répandre leurs enseignements dans tout le Corps de Christ, sous prétexte que l'on n'a pas eu recours à la procédure décrite dans Matthieu 18. Matthieu 18 concerne une accusation de péché, quand un membre d'une congrégation accuse un autre membre d'avoir péché. Dans ce cas, il faut présenter deux ou trois témoins, quand une confrontation personnelle privée s'est montrée inefficace.

Les enseignements largement publiés ne nécessitent pas deux ou trois témoins. Tout le monde peut vérifier ce qui a été enseigné. Il faut juger si ces enseignements sont conformes à la Bible ou non. Ceux qui donnent ces enseignements doivent être repris publiquement. S'ils continuent à donner ces faux enseignements, au mépris de la foi qui a été donnée aux saints une fois pour toutes, ils doivent être considérés comme des loups, et les brebis doivent être mises en garde contre eux.

Aujourd'hui, les enseignements des loups sont diffusés par la télévision, la radio, Internet, les livres, les séminaires et bien d'autres médias disponibles. Aucun pasteur ne pourrait contacter individuellement chaque auteur pour discuter avec lui des hérésies qu'il enseigne. D'ailleurs, on ne lui demande pas de le faire. Ce qui est exigé des pasteurs et des anciens, c'est qu'ils réfutent les hérésies, en enseignant la saine doctrine, et qu'ils mettent en garde les brebis de toute influence pernicieuse. Hélas, bien peu d'anciens ou de pasteurs sont prêts à le faire. Nombreux sont ceux qui se vantent de ne jamais corriger personne, et qui laissent trop facilement les loups dévorer le troupeau, sous prétexte d'humilité et d'unité. Si nous refusons de juger les faux enseignements, nous négligeons d'exercer les responsabilités qui nous ont été données par Dieu.

Quand juger, et quand ne pas juger.

Voici à présent le résultat d'une étude détaillée sur le verbe grec "krino" (discerner, juger) et ses dérivés. Vous retrouvez dans le Nouveau Testament tous les versets où ces mots grecs apparaissent. Tous les versets concernant les jugements de Dieu sont ignorés, car notre problème est de savoir quand nous, humains, devons juger ou non. Vous pouvez examiner chaque passage dans son contexte, pour en déterminer le sens. Dans certains cas, sont consultées certaines sources compétentes, lorsque la signification du texte biblique n'était pas apparente. Ces divers versets sont regroupés en catégories homogènes, en fonction du mot grec originel. Enfin, les catégories sont classées en fonction de ce que nous devons faire ou ne pas faire, en mettant à part certaines catégories marginales. Le résultat le plus intéressant est la catégorie la plus importante concernait la nécessité de discriminer en fonction des faits, et/ou en fonction des Écritures. Nous devons donc :

Juger, ou discriminer (discerner) correctement, en fonction des faits et/ou des Écritures : Krino : Luc 7 : 43, Luc 12 : 57, Jean 7 : 22-24, Jean 7 : 51, Jean 8 : 15-16, Actes 4 : 19, Actes 15 : 19, Actes 16 : 15, Actes 23 : 26, 1 Corinthiens 2 : 2, 1 Corinthiens 5 : 3, 1 Corinthiens 5 : 12-13, 1 Corinthiens 7 : 37, 1 Corinthiens 10 : 15, 1 Corinthiens 11 : 13, 1 Corinthiens 11 : 31-32, 2 Corinthiens 5 : 14. Diakrino : Matthieu 16 : 13, 1 Corinthiens 11 : 29-31, 1 Corinthiens 14 : 29. Diakrisis  : Hébreux 5 : 14.

Discerner les esprits : Diakrisis  : 1 Corinthiens 12 : 10.

Ne pas juger pas les motivations ni la spiritualité relative : Krino  : Matthieu 7 : 1-3, 1 Corinthiens 4 : 5 Diakrino : 1 Corinthiens 4 : 7.

Ne pas faire preuve de partialité, ni de préjugés : Krino  : Luc 6 : 35-38. Diakrino  : Jacques 2 : 4.

Ne pas se juger soi-même indigne de la vie éternelle : Krino  : Actes 13 : 46.

Ne pas cacher notre propre responsabilité en condamnant ceux qui font comme nous : Krino  : Romains 2 : 1-3, Romains 2 : 27.

Ne pas juger quelqu'un pour ce que Dieu lui a donné la liberté de faire : Krino  : Romains 14 : 3-5, 10, 13, 1 Corinthiens 10 : 29.

Ne pas juger les opinions d'un frère plus faible : Diakrisis  : Romains 14 : 1.

Ne pas permettre que l'on nous juge dans un domaine où Dieu nous a donné la liberté : Krino : Colossiens 2 : 16.

Ne pas employer notre liberté d'une manière qui peut blesser un frère plus faible : Krino  : Romains 14 : 22.

Ne pas nous substituer à Dieu pour définir la loi, ni juger ensuite nos frères en fonction de nos propres décrets : Krino  : James 4 :11-12.

Ne pas traduire nos frères Chrétiens en justice, mais exercer les jugements au sein de l'Église : Krino  : 1 Corinthiens 6 : 1-3. Diakrino : 1 Corinthiens 6 : 5.

Ne pas avoir de doutes : Diakrino : Matthieu 21 : 21, Marc 11 : 23, Romains 4 : 20, Jude 1 : 22, Jacques 1 : 6.

Ne pas agir quand on n'a pas une pleine conviction : Diakrino  : Romains 14 : 23.

Ne pas poser des questions par motif de conscience avant de manger des viandes : Anakrino : 1 Corinthiens 10 :25-27.

Laisser le Seigneur porter le jugement final : Anakrino  : 1 Corinthiens 4 : 3-4.

Prophétiser correctement dans l'Église, pour que les non-croyants soient convaincus (jugés) : Anakrino  : 1 Corinthiens 14 : 24.

Observer les décisions des apôtres et des anciens : Krino : Actes 16 : 4, Actes 21 : 25.

Ne jamais avoir d'hésitations pour obéir au Saint-Esprit : Diakrino : Actes 11 : 12.

Examiner soigneusement les faits avant de juger : Anakrino  : Luc 23 : 14, Actes 12 : 19, Actes 17 : 11, Actes 24 : 8, Actes 28 : 18, 1 Corinthiens 2 :14-15, 1 Corinthiens 9 : 3.